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LE MYSTERE DE L'EGLISE : Vous êtes le Corps du Christ


Thème 2011-2012Après avoir médité et prié l'an passé le Mystère de l'Eglise comme "Peuple de Dieu", nous allons, au cours de l'année qui s'ouvre devant nous, approfondir le Mystère de l'Eglise comme "Corps du Christ".

Ce Peuple avait été choisi, élu par Dieu pour devenir son Peuple, son héritage. La génération apostolique va naturellement s'inscrire dans le prolongement de cet héritage en se définissant comme le "nouveau" Peuple de Dieu reprenant à son compte le vocabulaire ancien pour définir l'Eglise. Dans ses lettres, pour dire à la fois l'accomplissement de la promesse et la continuité théologique avec le passé, saint Paul va dire de l'Eglise qu'elle est : l'Israël de Dieu (Gal. 6, 16), le vrai Israël (Rom. 9, 6), la vraie descendance d'Abraham ("Si vous appartenez au Christ, vous êtes donc de la descendance d'Abraham, héritier selon la promesse" Gal. 3, 29), la vraie circoncision ("C'est nous qui sommes les circoncis, nous qui offrons le culte selon l'Esprit de Dieu et tirons notre gloire du Christ Jésus, au lieu de placer notre confiance dans la chair" Ph. 3, 3), le vrai Temple de Dieu (1 Co. 3, 16-17).

Mais tout en revendiquant cet héritage théologique et cette continuité historique, les premiers chrétiens vont aussi affirmer une nouvelle dimension mystérique ou mystique de l'Eglise en lien avec le mystère de l'Incarnation et le mystère de la Croix.

Cette révélation, les premiers chrétiens vont aller la puiser dans l'Evangile de Jean et plus particulièrement dans le récit du cœur transpercé : "Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l'autre qui avait été crucifié avec lui. Venus à Jésus, quand ils virent qu'il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l'un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il en sortit aussitôt du sang et de l'eau." (Jn 19, 32-34).

Les Pères de l'Eglise voient dans ce récit la naissance de l'Eglise qui nait du cœur et du corps du Christ. A partir de ce texte, les Pères vont faire un parallèle entre ce que nous dit saint Jean et le livre de la Genèse. Lorsque Dieu veut donner une compagne à l'homme il ne la fabrique pas avec la glaise du sol comme il l'avait fait pour l'homme. Curieusement il fait tomber Adam dans un sommeil profond et à partir d'une de ses "côtes" il va façonner la femme: "Le Seigneur Dieu fit tomber dans une torpeur l'homme qui s'endormit; il prit l'une de ses côtes et referma les chairs à sa place. Le Seigneur Dieu transforma la côte qu'il avait prise à l'homme en une femme qu'il lui amena" (Gn 2, 21-22). Ce texte de la Genèse préfigure et est une annonce prophétique de ce qui se passe dans le mystère de la Croix du Christ : l'Eglise naît du côté transpercé du Christ comme Eve était "née" du côté d'Adam. Ainsi l'Eglise, nouvelle Eve, est née du côté du Christ endormi dans le sommeil de la mort sur le Golgotha comme l'ancienne Eve était née du côté d'Adam endormi dans le jardin d'Eden.

C'est de l'eau et du sang qui jaillit du cœur transpercé de Jésus. La tradition va voir dans cette eau, l'eau du baptême et dans ce sang, le sang du sacrifice eucharistique. Ce sont ces deux sacrements qui fondent l'Eglise et qui sont la source inépuisable de la grâce et de notre salut. Voici ce que dira saint Bonaventure : "Pour que, du côté du Christ endormi sur la Croix, surgisse l'Eglise, et pour que soit accompli la parole de l'Ecriture : ils contempleront celui qu'ils ont transpercé, la sagesse divine a bien voulu que la lance d'un soldat ouvre et transperce ce côté. Il en sortit du sang et de l'eau, et c'était le prix de notre salut qui s'écoulait ainsi. Jailli de sa source, c'est-à-dire du plus profond du cœur du Christ, il donne aux sacrements de l'Eglise le pouvoir de conférer la vie et la grâce et, à ceux qui ont déjà en eux la vie du Christ, il donne à boire de cette eau vive qui jaillit jusque dans la vie éternelle" (Homélie sur l'Arbre de Vie).

De sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas, saint Paul va tirer une conviction de foi sur le lien d'une identité entre le Christ et l'Eglise. "Saül, Saül, pourquoi me persécutes-tu? - Qui es-tu, Seigneur ? - Je suis Jésus que tu persécutes" (Act. 9, 4-5). Ainsi donc, persécuter la communauté chrétienne c'est persécuter le Christ. Cette expérience va être pour Paul le point de départ d'une réflexion théologique sur le Christ et l'Eglise que l'on retrouve comme affirmation fondamentale dans plusieurs de ses lettres.

Le Christ est à l'Eglise ce que la tête est au corps. Tel est le lien mystique entre le Christ et l'Eglise. Ce lien, le Christ l'a reçu de son Père dans le mystère pascal : "Il a tout mis sous ses pieds et l'a constitué, au sommet de tout, Tête pour l'Eglise, laquelle est son Corps, la Plénitude de Celui qui est rempli, tout en tout" (Ep. 1, 32). Parce qu'il a donné sa vie pour elle "le Christ est chef de l'Eglise, lui le Sauveur du Corps" (Ep. 5, 23). Il est désormais "la Tête du Corps, c'est-à-dire de l'Eglise" (Col. 1, 18).

Le Christ devient ainsi le principe de vie qui irrigue le corps tout entier et qui lui donne sa cohésion : "Vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toutes manières vers Celui qui est la Tête, le Christ, dont le Corps tout entier reçoit concorde et cohésion par toutes sortes de jointures qui le nourrissent et l'actionnent selon le rôle de chaque partie, opérant ainsi sa croissance et se construisant lui-même, dans la charité" (Ep. 4, 15-16).

C'est par le baptême que tout homme peut devenir membre de ce Corps : "Nous avons été baptisés en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et tous nous avons été abreuvés d'un seul Esprit" (1 Co. 12, 13). Plongés dans la mort du Christ nous ressuscitons avec lui pour devenir membre de ce Corps.

Le sacrement de l'Eucharistie est alors le signe de l'unité et de la communion entre tous les membres de ce corps : "Parce qu'il n'y a qu'un pain, à plusieurs nous ne sommes qu'un corps, car tous nous participons à ce pain unique" (1 Co. 10, 17).

Dans cette conviction de foi, Paul peut dire alors aux Corinthiens : "Vous êtes le Corps du Christ, et membres chacun pour sa part" (1 Co. 12, 27), et aux Ephésiens : "Nous sommes les membres de son Corps" (Ep. 5, 30). En invoquant la paix du Christ sur les Colossiens, il leur dit: "Que la paix du Christ règne dans vos cœurs : tel est bien le terme de l'appel qui vous a rassemblés en un même Corps" (Col 3, 15).

Saint Augustin parle lui d'une unité entre le Christ et les hommes : "Il (Jésus) a parlé en raison de l'unité qui existe entre lui et nous : il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s'applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu'il est Fils de l'homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui" (Homélie de Saint Augustin pour l'Ascension).

Fr. Hervé JEGOU, o.p.
Aumônier National

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