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thanne 2014Il est grand le Mystère de la Foi
Dans le prolongement de l'année de la foi souhaitée par le pape Benoît XVI, nous avons voulu centrer nos feuillets pour l'année 2013-2014 sur ce même thème. Nous espérons que cette nouvelle catéchèse sera féconde spirituellement pour faire grandir notre foi au Christ Sauveur.
Une nouvelle fois, nous avons emprunté notre titre à la liturgie. « Il est grand le mystère de la foi ». C'est l'exclamation lancée par le prêtre au cœur de la prière eucharistique aussitôt après la consécration des oblats. Une manière de dire que ce qui s'accomplit sacramentellement dans ce geste d'offrande qui fait mémoire de celui de Jésus au soir de la Cène dépasse notre  entendement et doit être accueilli comme un don de Dieu dans le mystère pascal de son Fils. En effet, à cette ex-clamation du prêtre l'assemblée répond par ces mots : « Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ». Cette réponse est un résumé kérygmatique de notre foi chrétienne : Jésus est mort, Jésus est le Vivant, Jésus reviendra à la fin des temps dans la gloire. Autrement dit, nous ne croyons pas en une doctrine mais nous croyons avant tout en une personne, ce Jésus que nous appelons « Seigneur » car « il est Dieu, né de Dieu ». Il est mort pour nous, il a été ressuscité par la puissance du Père, il reviendra dans la gloire.

Dans les lignes qui vont suivre, mon propos ne sera pas de proposer une réflexion globale sur la foi. Il me faut trouver une porte d'entrée à la fois simple et porteuse de sens pour nos membres des Equipes du Rosaire. Aussi je voudrais essayer de proposer une réflexion sur la foi à partir de l'école spirituelle qui est la nôtre : l'école du Rosaire. Nous avons souhaité pour traiter ce thème dans nos feuillets rester très proches des textes des mystères traditionnels du Rosaire. Cela pour montrer combien la spiritualité du Rosaire est une expression de la foi, « dit la foi de l'Eglise », et comment la prière du Rosaire est pour chacun d'entre nous une manière de proclamer notre foi.
Nous avons eu la joie de recevoir du pape François sa première encyclique : « La lumière de la Foi ». Une encyclique peu banale puisqu'elle a été préparée par le pape Benoît XVI et achevé par le pape François. Deux papes pour une même encyclique : l'Esprit Saint est à l'œuvre dans l'Eglise !
Dans ces lignes je vais essayer de croiser ce que la prière du Rosaire nous dit de la Foi avec le texte de cette belle encyclique. Une manière de vous en proposer une lecture et d'approfondir notre spiritualité. Le Rosaire à la lumière de la Foi.
La prière du Rosaire est une proclamation de la foi dans sa structure même. Elle commence par le « Credo », ce résumé de la foi chrétienne que nous disons tous les dimanches et lors des grandes fêtes liturgiques.
« La profession de foi ne consiste pas à donner son assentiment à des vérités abstraites … Dans le Credo le croyant est invité à entrer dans le mystère qu'il professe et à se laisser transformer par ce qu'il professe … Celui qui confesse la foi se trouve engagé dans la vérité qu'il confesse. Il ne peut pas prononcer en vérité les paroles du Credo sans être par cela-même transformé, sans être introduit dans une histoire d'amour qui le saisit, qui dilate son être en le rendant membre d'une grande communion, du sujet ultime qui prononce le credo qui est l'Eglise » (LF n°45).
Elle s'articule autour de deux prières : le « Notre Père » et le « Je vous salue Marie ».
La première est cette prière que Jésus a donnée à ses disciples qui lui demandaient de leur apprendre à prier. C'est donc « LA » prière chrétienne par excellence qui nous apprend à mettre nos pas dans les pas de Jésus, nos mots dans les mots de Jésus, pour vivre une relation filiale avec son Père et notre Père.
«  Dans cette prière, le chrétien apprend à partager l'expérience spirituelle elle-même du Christ et commence à voir avec les yeux du Christ. A partir de celui qui est lumière née de la Lu-mière, le Fils unique du Père, nous connaissons Dieu nous aussi et nous pouvons enflammer en d'autres le désir de s'approcher de lui » (LF n° 46).
La seconde prière nous rappelle sans cesse que si Jésus nous montre le chemin vers le Père et donne sa vie pour nous faire devenir participant de cette filiation avec le Père, il nous donne aussi sa mère dans l'instant solennel de la Croix. Marie, Mère de Dieu, est aussi Mère de l'Eglise, Mère de tous les disciples du Christ pour qui elle intercède sans cesse et à qui elle dit sans relâche : « Faites tout ce qu'il vous dira».
Enfin notre contemplation s'articule autour des quatre mystères du Rosaire : joyeux, lumi-neux, douloureux, glorieux. C'est une contemplation de tout l'Evangile qui nous fait suivre dans la foi Jésus « pas à pas ». Notre prière est en effet une prière mariale christocentrique à l'image de la construction même du « Je vous salue Marie » qui place le nom de Jésus au cœur de notre prière comme un enfant blotti contre le sein de sa mère.
Voyons maintenant comment ces mystères nous disent quelque chose de la foi.
1 - Mystères Joyeux
Notre foi s'enracine dans la foi d'Israël. Tous les personnages que nous rencontrons dans la méditation de ces mystères appartiennent au peuple d'Israël : Marie bien entendu, mais aussi Elisabeth, les bergers dans la nuit de Bethléem, le prophète Syméon et la prophétesse Anne, les doc-teurs de la Loi qui s'étonnent devant la sagesse de Jésus enfant dans le Temple. Tous ces person-nages sont les héritiers de ces hommes et de ces femmes qui constituent le peuple que Dieu s'est choisi et avec qui il a fait alliance pour le conduire et le libérer.
« La foi naît d'un don originaire : Israël s'ouvre à l'action de Dieu qui veut le libérer de sa misère … La confession de foi d'Israël se développe comme un récit des bienfaits de Dieu, de son action pour libérer et guider le peuple, récit que le peuple transmet de génération en génération. La lumière de Dieu brille pour Israël à travers la mémoire des faits opérés par le Seigneur, rappelés et confessés dans le culte, transmis de père en fils » (LF n° 12).
Une histoire d'Israël qui est une histoire d'alliance et de fidélité mais aussi une histoire de ruptures d'alliance avec Dieu parce qu'Israël refuse de l'écouter et se tourne vers des idoles de tous genres. Lors de la présentation au Temple Syméon annonce à Marie qu'un glaive lui transpercera le cœur, signe du rejet de Jésus par le peuple d'Israël qui ne veut pas reconnaître le visage miséricor-dieux de Dieu que Jésus vient révéler et qui se crispe sur ce que dit la Loi, en faisant de cette Loi une nouvelle idole.
« L'histoire d'Israël nous montre la tentation de l'incrédulité à laquelle le peuple a succombé plusieurs fois. L'idolâtrie apparaît ici comme l'opposé de la foi … celui qui ne veut pas faire confiance à Dieu doit écouter les voix des nombreuses idoles qui lui crient : « Fais-moi confiance! ». Dans la mesure où la foi est liée à la conversion, elle est l'opposée de l'idolâtrie ; elle est une rupture avec les idoles pour revenir au Dieu vivant, au moyen d'une rencontre personnelle. Croire signifie s'en remettre à un amour miséricordieux qui accueille toujours et pardonne, soutient et oriente l'existence, et qui se montre puissant dans sa capacité de redresser les déformations de notre histoire » (LF n° 13).
Notre foi affirme qu'en Jésus Dieu s'est incarné. Les trois premiers mystères joyeux autour de l'Annonciation, la Visitation et la Nativité nous disent chacun à leur manière le mystère de l'Incarnation de Dieu dans notre histoire. En Jésus Dieu s'est fait homme. La divinité se mêle à l'humanité pour que l'humanité puisse participer à la divinité. En Jésus Dieu tient sa promesse.
«  La foi chrétienne est centrée sur le Christ, elle est confession que Jésus est le Seigneur … Toutes les lignes de l'Ancien Testament se rassemblent dans le Christ. Il devient le « oui » définitif à toutes les promesses, le fondement de notre « Amen » final à Dieu. L'histoire de Jésus est la pleine manifestation de la fiabilité de Dieu » (LF n° 15).
« Pour nous permettre de le connaître, de l'accueillir et de le suivre, le Fils de Dieu a pris notre chair, et ainsi sa vision du Père a eu lieu aussi de façon humaine, à travers une marche et un parcours dans le temps. La foi chrétienne est foi en l'Incarnation du verbe et en sa Résurrection dans la chair, foi en un Dieu qui s'est fait si proche qu'il est entré dans notre histoire. La foi dans le Fils de Dieu fait homme en jésus de Nazareth, nous sépare pas de la réalité, mais nous permet d'accueillir son sens le plus profond, de découvrit combien Dieu aime ce monde et l'oriente sans cesse vers lui; et cela amène la chrétien à s'engager, à vivre de manière encore plus intense sa marche sur la terre » (LF n° 18).
Jésus est la lumière du monde. Cette lumière brille dans la nuit de Bethléem lorsque les anges annoncent aux bergers cette incroyable Bonne Nouvelle de la naissance du Sauveur. Cette lumière c'est celle que reconnaît Syméon : « Mes yeux ont vu le salut …, lumière qui se révèle aux nations et gloire d'Israël ton peuple ». Dans notre confession de foi nous disons que Jésus est « Dieu, né du vrai Dieu, lumière né de la lumière ».
« Dans l'Evangile de Jean, Jésus se présente ainsi : « Moi, lumière, je suis venu dans le monde, pour que quiconque croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres » (Jn 12,46). Saint Paul aussi s'exprime en ces termes : « le dieu qui a dit « Que des ténèbres resplendisse la lumière », est Celui qui a resplendi dans nos cœurs » (2 Co 4,6) … Conscient du grand horizon que la foi leur ouvrait, les chrétiens appelèrent le Christ le vrai soleil, « dont les rayons donnent la vie. A Marthe qui pleure la mort de son frère Lazare, Jésus dit : « Ne t'ai-je pas dit que si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ? » (Jn 11,40). Celui qui croit, voit : il voit avec une lumière qui illumine tout le parcours de la route, parce qu'elle nous vient du Christ ressuscité, étoile du matin qui ne se couche pas » (LF n°1).
Cette lumière qu'est le Christ, cette lumière du Christ va sans cesse se heurter aux ténèbres. Ces ténèbres qui vont même jusqu'à dire que la foi chrétienne n'est qu'obscurantisme. Il est urgent de combattre ces ténèbres et de redire combien la foi chrétienne illumine notre vie, ici et maintenant, en même temps qu'elle nous appelle.
« La foi que nous recevons de Dieu comme un don surnaturel, apparaît comme un lumière pour la route, qui oriente notre marche dans le temps. D'une part, elle procède du passé, elle est la lumière d'une mémoire de fondation, celle de la vie de Jésus, où s'est manifesté son amour pleinement fiable, capable de vaincre la mort. En même temps, cependant, puisque le Christ est ressuscité et nous attire au-delà de la mort, la foi est lumière qui vient de l'avenir, qui entrouvre devant nous de grands horizons et nous conduit au-delà de notre « moi » isolé vers l'ampleur de la communion. Nous comprenons alors que la foi n'habite pas dans l'obscurité; mais qu'elle est lumière pour nos ténèbres » (LF n° 4).
2 – Mystères Lumineux
Nous sommes redevables au pape Jean-Paul II d'avoir fait entrer ces mystères dans la prière du Rosaire. Ces mystères résument les événements et les paroles de la vie publique de Jésus : son Baptême par Jean dans le Jourdain, les Noces de Cana, l'Annonce du Royaume, la Transfiguration, l'Institution de l'Eucharistie.
Jésus est l'Emmanuel, Dieu-avec-nous. Jésus n'est pas « simplement » venu pour naître, mourir et ressusciter. Il est réellement venu partager notre vie d'homme et manifester la pré-sence de Dieu dans notre histoire, manifester son amour. Pendant trois ans, il a parcouru les routes de la Galilée et de la Palestine  pour révéler le vrai visage de Dieu et être parole de Dieu au milieu des hommes. Il est venu pour guérir les malades et pardonner les pécheurs. Il est venu transformer l'eau en vin c'est-à-dire transformer nos réalités humaines dans la puissance de Dieu.
« Si Israël rappelait les grands actes d'amour de Dieu, qui formaient le centre de sa confes-sion et ouvrait le regard de sa foi, désormais la vie de Jésus apparaît comme le lieu de l'intervention définitive de Dieu, la manifestation suprême de son amour pour nous. La parole que Dieu nous adresse en Jésus n'est pas une parole supplémentaire parmi d'autres, mais sa Parole éternelle (cf. Heb 1,1-2). Il n'y a pas de garantie plus grande que Dieu puisse donner pour nous assurer de son amour … La foi chrétienne est donc foi dans le plein Amour, dans son pouvoir efficace, dans sa capacité de transformer le monde et d'illuminer le temps. « Nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru » (1 Jn 4,16). La foi saisit, dans l'amour de Dieu manifesté en Jésus, le fondement sur lequel s'appuient la réalité et sa destination ultime » (LF n° 15).
« La foi chrétienne est foi en l'Incarnation du Verbe et en sa Résurrection dans la chair, foi en un Dieu qui s'est fait si proche qu'il est entré dans notre histoire. La foi dans le Fils de dieu fait homme en Jésus de Nazareth, ne nous sépare pas de la réalité, mais nous permet d'accueillir son sens le plus profond, de découvrit combien Dieu aime ce monde et l'oriente sans cesse vers lui; et cela amène le chrétien à s'engager, à vivre de manière encore plus intense sa marche sur la terre » (LF n° 18).
Jésus nous révèle le Père. Jésus n'a jamais centré sa prédication sur lui-même. Toute sa vie est totalement orientée vers son Père. Ce Père qui le désigne comme Fils lors de son Baptême par Jean et dans la lumière de la Transfiguration. Jésus est Celui à travers qui nous pouvons connaître le Père. Jésus est Celui qui nous permet d'entrer dans une relation intime avec le Père.
« Dans la foi, le Christ n'est pas seulement celui en qui nous croyons … mais aussi celui auquel nous nous unissons pour pouvoir croire. La foi non seulement regarde vers Jésus, mais re-garde du point de vue de jésus, avec ses yeux: elle est une participation à sa façon de voir … Jésus se présente comme celui qui nous explique Dieu. La vie du Christ, sa façon de connaître le Père, de vivre totalement en relation avec lui, ouvre un nouvel espace à l'expérience humaine et nous pouvons y entrer … Pour nous permettre de la connaître, de l'accueillir et de le suivre, le Fils de dieu a pris notre chair, et ainsi sa vision du Père a eu lieu aussi de façon humaine, à travers une marche et un parcours dans le temps» (LF n° 18).
Les sacrements : mémoire vivante de la foi. Dans les mystères lumineux nous médi-tons sur l'Eucharistie. Le dernier Concile a dit qu'elle est « la source et le sommet de toute vie chré-tienne ». L'Eucharistie est en effet mémoire du don de sa vie que Jésus célèbre solennellement dans un contexte pascal avec ses apôtres. C'est ce geste du « partage du pain et de la coupe » que l'Eglise se transmet de génération en génération pour actualiser le sacrifice de Jésus. L'encyclique parle des sacrements de la foi et en particulier de l'Eucharistie pour dire sa place éminente.
« La nature sacramentelle de la foi trouve sa plus grande expression dans l'Eucharistie. Elle est la précieuse nourriture de la foi, rencontre avec le Christ réellement présent dans l'acte suprême de son amour, le don de lui-même qui produit la vie. Dans l'Eucharistie nous avons le croisement de deux axes sur lesquels la foi fait son chemin. D'un côté, l'axe de l'histoire : l'Eucharistie est un acte de mémoire, une actualisation du mystère, dans lequel le passé, comme événement de mort et de résurrection, montre sa capacité d'ouvrir à l'avenir, d'anticiper la plénitude finale … D'un autre côté, il y a l'axe qui conduit du monde visible vers l'invisible. Dans l'Eucharistie nous apprenons à saisir la profondeur du réel. Le pain et le vin se transforment en Corps et Sang du Christ qui se rend présent dans son chemin pascal vers le Père : ce mouvement nous introduit, corps et âme, dans le mouvement de tout le créé vers sa plénitude en Dieu » (LF n° 44).
3 – Mystères Douloureux
Jésus est mort par amour pour nous. Les mystères douloureux nous font méditer sur la passion du Seigneur. Nous l'accompagnons dans la prière de son Agonie jusqu'à sa mort sur la Croix. Dans son mystère pascal Jésus donne sa vie pour le salut du monde, expression suprême et ultime de son amour des hommes et de sa fidélité au Père.
« La preuve la plus grande de la fiabilité de l'amour du Christ se trouve dans sa mort pour l'homme. Si donner sa vie pour ses amis est la plus grande preuve d'amour, Jésus a offert la sienne pour tous, même pour ceux qui étaient des ennemis, pour transforme leur cœur. Voilà pourquoi le regard de foi culmine à l'heure de la croix, heure en laquelle resplendissent la grandeur et l'ampleur de l'amour divin … C'est dans la contemplation de la mort de Jésus que la foi se renforce et reçoit une lumière éclatante, quand elle se révèle comme foi dans son amour inébranlable pour nous, amour qui est capable d'entrer dans la mort pour nous sauver. Il est possible de croire dans cet amour, qui ne s'est pas soustrait à la mort pour manifester combien il m'aime; sa totalité l'emporte sur tout soupçon et nous permet de nous confier pleinement au Christ » (LF n°16)
4 – Mystères Glorieux
Jésus est Vivant. En méditant sur la Résurrection et sur l'Ascension du Seigneur nous proclamons que l'amour a été plus fort que la mort, que l'amour a été plus fort que le péché, que la Lumière de Dieu est plus forte que nos ténèbres humaines. « Il est ressuscité, il est monté aux cieux », disons-nous dans le Credo. C'est le centre de la foi chrétienne.
« A la lumière de sa Résurrection la mort du Christ dévoile la fiabilité totale de l'amour de Dieu. En tant que ressuscité, le Christ est témoin fiable, digne de foi, appui solide pour notre foi. « Si le Christ n'est pas ressuscité, vaine est votre foi! », affirme saint Paul. Si l'amour du Père n'avait pas fait ressusciter Jésus d'entre les morts, s'il n'avait pas pu redonner vie à son corps, alors il ne serait pas un amour pleinement fiable, capable d'illuminer également les ténèbres de la mort … Parce que Jésus est le Fils, parce qu'il est absolument enraciné dans le Père, il a pu faire resplendir la plénitude de la vie » (LF n° 17).
L'Esprit est répandu dans nos cœurs et sur l'Eglise. Dans l'Evangile de Jean Jésus ne cesse de dire à ses apôtres qu'il doit partir pour que l'Esprit soit répandu. C'est ce qui se produit à la Pentecôte lorsque l'Esprit vient se poser sur chaque apôtre sous forme de langue de feu et par le fait même sur l'Eglise qu'ils représentent réunis autour de la Vierge Marie.
L 'encyclique ne développe pas beaucoup la théologie de l'Esprit Saint. Voici quand même quelques passages dont ce passage qui situe l'action de l'Esprit dans le cœur du croyant.
« Le Christ est descendu sur terre et il est ressuscité des morts; par son Incarnation et sa Résurrection, le Fils de Dieu a embrassé toute la marche de l'homme et demeure dans nos cœurs par l'Esprit Saint »(LF n° 20) … Dans la foi, le « moi » du croyant grandit pour être habité par un Autre, pour vivre dans un Autre, et ainsi sa vie s'élargit dans l'Amour. Là se situe l'action propre de l'Esprit Saint. Le chrétien peut avoir les yeux de Jésus, ses sentiments, sa disposition filiale, parce qu'il est rendu participant à son Amour, qui est l'Esprit. C'est dans cet Amour que se reçoit en quelque sorte la vision propre de Jésus. Hors de cette conformation dans l'Amour, hors de la présence de l'Esprit qui le répand dans nos cœurs, il est impossible de confesser Jésus comme Seigneur » (LF n° 21).
A partir de ce donné fondamental l'encyclique va développer l'idée d'une identité entre exis-tence croyante et existence ecclésiale de manière originale :
« Le croyant apprend à se voir lui-même à partir de la foi qu'il professe. La figure du Christ est le miroir où se découvre sa propre image réalisée. Et comme le Christ embrasse en lui tous les croyants, qui forment son corps, le chrétien se comprend lui-même dans ce corps, en relation origi-naire au Christ et aux frères dans la foi. L'image du corps ... veut souligner l'union vitale du Christ aux croyants et de tous les croyants entre eux. Les chrétiens sont « un », sans perdre leur individua-lité, et, dans le service des autres, chacun rejoint le plus profond de son être. On comprend alors pourquoi hors de ce corps, de cette unité de l'Eglise dans le Christ, …, la foi perd sa « mesure », ne trouve plus son équilibre, l'espace nécessaire pour se tenir debout » (LF n° 22).
L'Eglise est la mémoire vivante de la foi qui grâce à cet Esprit nous transmet la foi, relie toutes les générations chrétiennes et nous donne la grâce d'être des contemporains du Christ :
« L'Eglise est une mère qui nous enseigne à parler le langage de la foi. Saint Jean insiste dans son Evangile, en reliant foi et mémoire, et en les associant toutes deux à l'action du Saint Esprit qui, comme dit Jésus, « vous rappellera tout ». L'Amour, qui est l'Esprit, et qui demeure dans l'Eglise, maintient réunies toutes les époques entre elles et nous rend contemporains de jésus, devenant ainsi le guide de notre cheminement dans la foi » (LF n°38).
Marie, modèle de la foi. Marie est au coeur des deux derniers mystères glorieux. Par son Assomption et son Couronnement elle réalise en son corps et en son âme les promesses de notre foi.
« La Mère du Seigneur est l'icône parfaite de la foi » (LF n° 58). « La Bienheureuse Vierge Marie … est totalement engagée dans sa confession de foi. Marie est étroitement associée, par son lien avec Jésus, à ce que nous croyons. Dans la conception virginale de Marie, nous avons un signe clair de la filiation divine du Christ … D'autre part, la maternité véritable de Marie a assuré au Fils de Dieu une véritable histoire humaine, une véritable chair dans laquelle il mourra sur la croix et ressuscitera des morts. Marie l'accompagnera jusqu'à la croix, de là sa maternité s'étendra à tout disciple de son Fils » (LF n° 59).
Et je voudrais terminer par la prière finale de l'encyclique qui pourra être une prière qui nous accompagnera tout au long de cette année :

Ô Mère, aide notre foi !
Ouvre notre écoute à la Parole, pour que nous reconnaissions la voix de Dieu et son appel.
Eveille en nous le désir de suivre ses pas, en sortant de notre terre et en accueillant sa pro-messe.
Aide-nous à nous laisser toucher par son amour, pour que nous puissions le toucher par la foi.
Aide-nous à nous confier pleinement à Lui, à croire en son amour, surtout dans les moments de tribulations et de croix, quand notre foi est appelée à mûrir.
Sème dans notre foi la joie du Ressuscité.
Rappelle-nous que celui qui croit n'est jamais seul.
Enseigne-nous à regarder avec les yeux de Jésus, pour qu'il soit lumière sur notre chemin. Et que cette lumière de la foi grandisse toujours en nous jusqu'à ce qu'arrive ce jour sans couchant, qui est le Christ lui-même, ton Fils notre Seigneur !

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