Accueil - Les archives de la revue du Rosaire - 21) Décembre 2011 Vie et message d'Edith Stein

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edith stein
L’itinéraire singulier de la pensée et de la vie d’Édith Stein peut être présenté en suivant quatre titres : juive (1891-1911), philosophe (1911-1921), chrétienne (1922-1933) et religieuse (1933-1942). Ce découpage est de type pédagogique ; il ne s’agit pas d’étapes successives mais d’un enrichissement constant de son être.

En devenant religieuse, Édith Stein ne cesse pas d’être juive ; en recevant le baptême, elle continue de penser en phénoménologue. Il s’est accompli en elle une profonde unité de son être qui a fait dire à Edmund Husserl le jour de sa prise d’habit : « En elle tout est authentique. » C’est vers cette authenticité de l’être qu’elle veut mener ceux qui s’approchent d’elle.

Elle est née le jour où la communauté juive célébrait la fête du Yom Kippour. Dernière des sept enfants du couple, elle n’a pas deux ans quand son père meurt. Avec énergie sa mère   mène de front l’éducation des enfants et le commerce familial. Mme Stein est une « vraie mère juive », cependant à l’adolescence Édith cesse de croire et de prier.

En 1913, Édith entre en philosophie à Göttingen auprès du Maître, Edmund Husserl, qui vient d’initier un nouveau courant philosophique : la phénoménologie. Édith trouve dans cette méthode une réponse à sa quête incessante de la vérité.

En 1917, lors de sa rencontre avec la veuve de son ami Adolph Reinach, elle voit la force que donne le Ressuscité. Dans le « bois de la Croix » elle découvre « la lumière du Christ ». Une période de combats intérieurs s’ouvre qui sera close par la lecture en 1921 de la Vida de sainte Thérèse d’Avila. Elle comprend que la vérité qu’elle cherchait, c’est Quelqu’un : le Christ Jésus. Saisie au foyer de son être, elle reçoit le baptême dans l’Église catholique le 1er janvier 1922, avec une marraine protestante.

Elle devient enseignante chez les dominicaines de Spire. Les élèves retiennent le « témoignage de son silence » et perçoivent ce que « pouvait être une foi profonde parfaitement harmonisée avec une attitude de vie ». Édith donne de nombreuses conférences à travers l’Allemagne et l’Europe sur les thèmes de l’éducation, de la femme, de la vocation.

En 1933, les nouvelles lois du régime hitlérien lui interdisent de poursuivre ses activités. Elle peut désormais répondre à l’appel perçu au moment de son baptême : elle entre au Carmel de Cologne le 15 octobre 1933 pour la fête de Thérèse d’Avila.

Elle prend le nom de sœur Thérèse-Bénédicte de la Croix et résume sa vocation de carmélite par ces mots : « C’est notre vocation de nous tenir devant Dieu pour tous ! »

En 1939, pour ne pas mettre en danger sa communauté, elle part au Carmel d’Echt (Pays-Bas). Elle y écrira une belle étude sur saint Jean de la Croix intitulée La Science de la Croix. La Gestapo frappe à la porte du Carmel le 2 août 1942. Le 7 août, avec des milliers d’autres, la voilà entassée dans un train dont elle ignore la destination. Le 9 août le convoi arrive à Birkenau-Auschwitz et est acheminé vers les chambres à gaz…

Canonisée le 11 octobre 1998 à Rome, elle est déclarée co-patronne de l’Europe, le 1er octobre 1999. Le pape Jean-Paul II écrit à cette occasion : « Thérèse-Bénédicte de la Croix, par toute sa vie d’intellectuelle, de mystique, de martyre, jeta comme un pont entre ses racines juives et l’adhésion au Christ, s’adonnant avec une intuition sûre au dialogue avec la pensée philosophique contemporaine et, en fin de compte, faisant résonner par son martyre les raisons de Dieu et de l’homme face à la honte épouvantable de la ʺ shoah ʺ. Elle est devenue ainsi l’expression d’un pèlerinage humain, culturel et religieux qui incarne le noyau insondable de la tragédie et des espoirs du continent européen. »

Dans ces quelques lignes tout est dit de l’actualité d’Édith Stein pour notre temps. Femme, juive, philosophe, éducatrice, carmélite, martyre, par sa vie et par ses écrits Édith Stein a beaucoup à nous dire. À nous de l’écouter !

Didier-Marie GOLAY

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