Accueil - Les archives de la revue du Rosaire - 18) Novembre 2011 - Le don et l'oubli de soi

Actus des équipes

Conseil National 2015

Avec Saint Dominique, contempler et partager la Parole
En savoir +

Édito

Éditorial du mois de septembre
En savoir +

Votre région

Votre région

L'âme des équipes
En savoir +

Focus sur...

Notre thème d'année 2015-2016

Demeurez dans mon amour

Retrouvez-nous sur...

retrouvez-nous_facebook  Facebook retrouvez-nous_youtube Youtube


mis au service de mes frères malades

m-n.charrier En camp d’été dans les Pyrénées avec mes camarades, nous nous sommes arrêtées à Lourdes où nous avions quartier libre pour la journée. Ne sachant pas trop quoi faire, je suis allée proposer mes services auprès des malades. On m’a mise aux petites voitures. J’allais conduire les malades aux différentes cérémonies et les ramener à leur accueil. J’étais heureuse de servir. J’avais 17 ans ; une vocation d’hospitalière était née.

Au retour dans ma paroisse, après cet engagement momentané, j’ai longuement réfléchi pour savoir quelle suite j’allais donner. Deux faits importants sont venus renforcer mon désir de servir les handicapés et les malades, tout d’abord la rencontre avec un prêtre très impliqué auprès des handicapés, puis un événement douloureux dans ma famille.

L’année suivante dans le cadre du pèlerinage diocésain, je partis à Lourdes comme hospitalière. Le temps du pèlerinage auprès des malades m’a paru insuffisant. J’en ai fait part à ce prêtre qui me proposa alors d’étoffer l’équipe d’encadrement d’un séjour pour handicapés de trois semaines pendant l’été. Cette proposition fut la bienvenue et me rendit rayonnante de joie. J’assurai mon rôle auprès des handicapés et promit de revenir l’année suivante.

Pendant cinq années j’ai pu renouveler mes engagements aussi bien à Lourdes qu’auprès des handicapés pendant l’été. Cela me donnait un but dans ma vie et m’apportait beaucoup de joie et de réconfort. En 1969, j’ai fait le pèlerinage à Lourdes avec mon fiancé (qui deviendra par la suite mon mari). Nous avons confié notre mariage à Notre-Dame de Lourdes. Pendant les années 70 et 80, je n’ai pas pu continuer à servir à Lourdes. Trois enfants sont venus enrichir notre foyer. À deux d’entre eux, nés avec une malformation, il a fallu donner toute notre attention, notre bienveillance et notre temps, spécialement dans les hôpitaux, lors des très nombreuses interventions chirurgicales. Pendant toute cette période, Lourdes me manquait, mais la priorité était nos enfants. Avec le soutien de la famille, des collègues, des ami(e)s et celui de l’équipe d’Action catholique dans laquelle nous étions, j’ai surmonté les difficultés avec courage et ces épreuves ont fortifié ma foi.

Les enfants ont grandi… Je décidais de me remettre en route pour Lourdes, malheureusement, j’y partais seule car mon mari ne pouvait avoir de congés à cette période-là. J’étais heureuse de reprendre du service, peu importe le lieu où on allait m’affecter. J’acceptais la mission qui m’était confiée pour le bien des malades. Pendant toutes ces années, j’étais en unité de vie (toilettes, habillage, etc.). Pour moi, le plus important était d’établir un climat de confiance avec les malades, pour leur apporter réconfort physique mais aussi moral, pour partager leurs joies leurs peines, pour prier avec eux. J’étais là pour les servir, pour leur apporter du bonheur, mais en fait, je ne sais si j’atteignais mon but, mais ce qui est sûr c’est que les malades, par leur courage et leurs témoignages m’ont beaucoup apporté : réflexions sur le sens de la Vie et sur l’Amour de Dieu.

« Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir » et pourtant le don de soi enrichit le Cœur, rend joyeux et heureux. Je me suis engagée devant toute la famille du Rosaire en 2003. « Aujourd’hui, répondant à ton appel, je m’engage au service des pèlerins, des malades et des éprouvés… » Ce n’était pas un début ni une fin, mais le passage obligé, dans la continuité de l’appel reçu pour servir les autres. Par la prière, et avec l’aide de Marie, l’humble servante, j’essaie de continuer cet engagement, tous les jours.

Marie-Noëlle Charrier,
membre de l'équipe nationale de l’Hospitalité du Pèlerinage du Rosaire

Share on Facebook