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La Croix et l’Eucharistie (I)

Fr. Ange Rodriguez o.p.

Lors du pèlerinage du Rosaire 2010, nombreux ont été les pèlerins auditeurs des conférences du frère Ange Rodriguez, dominicain du couvent du Saint-Nom-de-Jésus à Lyon. Francine Gauche, des equipes du Rosaire, a assuré la transcription de ces conférences que vous retrouverez ou découvrirez au long des prochains numéros de la Revue du Rosaire.

 

Nous aurons trois points de repères : Jésus Christ obéissant ; Jésus Christ anéanti ; Jésus Christ livré. La parole « Prenez et mangez, ceci est mon corps ; prenez et buvez, ceci est mon sang »renvoie inévitablement à l’Eucharistie et à la Croix. L’Église nous dit et a toujours dit que ce qui se passe sur l’autel était la même chose que ce qui s’était passé sur la Croix. Je commencerai à l’envers, ce qui s’est passé à la Cène, la veille de la Passion, est exactement ce qui s’est passé le lendemain. Et il faut éviter d’imaginer le sacrifice sanglant sur l’autel. L’Église nous dit que ce n’est pas ainsi qu’Il est présent mais elle nous dit aussi que c’est exactement la même chose. Ce qui se passe à la messe est exactement ce qui s’est passé à la Croix. C’est ce que je vais essayer d’expliquer, de clarifier : comment, sans qu’il y ait l’immolation de quelqu’un dans le sang et la souffrance, ce peut être la même chose.

Partons de la parole de saint Paul quand il nous demande d’avoir les « sentiments de Jésus ». C'est-à-dire qu’en réalité, le Christ ressuscité a sur l’autel au moment de la messe, les mêmes sentiments qu’il avait sur la croix : c'est-à-dire obéissant, anéanti, livré. C’est ce qui nous permet de concevoir le Christ ressuscité, éternellement vivant, éternellement heureux, présent réellement dans l’attitude de la croix. Parce que tout en étant heureux, son bonheur a toujours été de faire la volonté du Père donc d’être obéissant, réduit à rien du tout, mais sans souffrir parce que l’Eucharistie et la croix ne sont pas la même chose. Et livré parce qu’il se donne à manger. C’est bien là le même état d’esprit qu’il avait sur la croix. Sur la croix il était obéissant au Père, il était anéanti par la souffrance et la douleur et tout donné, livré jusqu’à la dernière goutte de son sang par le cœur transpercé.

Folie de Dieu

La croix du Verbe commence par l’Incarnation elle-même. Par l’Incarnation, le Verbe éternel se fait obéissant, anéanti parce qu’il se fait un « rien » : un être humain dans le ventre d’une femme au départ n’ est « rien », et livré parce qu’il se fait ça. Et livré, parce qu’il le fait de sa propre volonté et pour nous.

Nous allons faire une introduction sur la folie de Dieu car la Parole de la Croix ainsi que de l’eucharistie, c’est une sorte de folie. C’est l’acte d’un Dieu fou. Et c’est saint Paul qui le dit en premier (1 Co 1, 23-25). Quand Paul écrit cette lettre aux Corinthiens, une communauté faite plutôt de gens de « bas étage », formée de la population des docks de cette ville portuaire où il y avait un ramassis de toutes sortes de gens. C’est dans cette communauté qu’il y a le cas aberrant d’un homme qui a « piqué » sa femme à son père. C’est le comble, son père devait avoir une deuxième femme assez jolie, son fils la lui a prise et il vivait avec elle. Saint Paul est très en colère devant cette situation.

Mais d’un autre côté, ces gens pauvres, dans la foi, avaient découvert des choses. La foi au Christ les avait « promotionnés ». En devenant chrétiens ils se sont mis à regarder vers Dieu, à faire de la « théologie ». Ils passaient leur temps à se chamailler : « je suis à Paul, je suis à Pierre, à Apollos ». Ils avaient transformé tout le discours de la foi, c'est-à-dire le logos de la foi, en cogitations, en spéculations, ce qu’on appelle la gnose.

Paul veut arrêter cela : « Christ ne m’a pas envoyé baptiser mais annoncer l’évangile et sans recours à la sagesse de discours pour ne pas réduire à néant la Croix du Christ. » Si on essaie de faire des discours, des théories sur la croix du Christ, on risque d’anéantir ce qui est le message de la croix. C’est pourquoi je serai très vigilant, en tant que théologien, pour ne pas faire de beaux discours de théologie sur le mystère de la croix.

« Le langage de la foi est folie en effet pour ceux qui se perdent mais pour ceux qui sont en train d’être sauvés, pour vous, elle est puissance de Dieu, car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. » Qui est le sage ? Où est le docteur de la Loi ? Où est le dominicain raisonneur de ce siècle ? Dieu n’a-t-il pas rendu folle la sagesse du monde ?

En effet, puisque le monde par le moyen de la sagesse des sages n’a pas reconnu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la prédication que Dieu a jugé bon de sauver ceux qui croient. « Les juifs demandent des miracles, les Grecs cherchent la sagesse, mais nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les juifs et folie pour les païens. Mais pour ceux qui sont appelés, tant juifs que grecs, il est puissance de Dieu et sagesse de Dieu. Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes. »

Force et sagesse de Dieu

On appelle cela l’éternel paulinien parce que dans une petite phrase il met ces trois mots clés : la parole de la croix est folie, force et sagesse de Dieu. Et c’est paradoxal de mettre à côté de la folie de la croix les mots sagesse et force car en réalité la croix n’est que faiblesse. Il faut aussi savoir que le mot logos n’est pas seulement le « verbe ». Il signifie aussi « raison ».

Parole et raison : c’est le même mot ce qui rend l’affirmation de Paul encore plus provocante. La parole de la croix, la raison de la croix est plus sage que la sagesse des hommes. C’est la folie de Dieu. La croix c’est Dieu qui se manifeste sous les apparences d’un dieu fou.

Luther dit que « ce qui est visible de l’être de Dieu, la pauvreté, la souffrance, la faiblesse, est le contraire de ce qui était invisible en Dieu qui est la toute-puissance, la gloire » mais il dit aussi qu’ « il ne sert à rien de reconnaître Dieu dans sa gloire et sa majesté, dans ce qui est invisible, si on ne le reconnaît en même temps dans ce qui est visible, c'est-à-dire dans son abaissement et l’ignominie de sa croix ». Il faut que chacun applique cela. Il y a des gens qui croient très fort en Dieu mais qui après n’acceptent pas de le voir dans la croix et les pauvres. Parce qu’il y a le sacrement du pauvre qu’il faut aussi accepter !

On peut passer des heures à contempler ce qui est caché de Dieu, le mystère de Dieu dans son éternité, dans sa sagesse infinie, et refuser de voir ce qui est visible de Dieu parce que ce qui est visible de Dieu, c’est plutôt « moche », c’est l’abaissement, l’humiliation, l’anéantissement, le mépris, la croix… il dit qu’il ne sert à rien de partir sur des spéculations sur Dieu éternel et tout- puissant, si on n’est pas capable d’accepter le côté visible de Dieu, son anéantissement.

Paul dit que cela est prophétisé dans le livre de la Sagesse : « Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents », détruire et anéantir sont des mots très forts, mais même le verbe qu’il utilise, veut dire déclarer fou, rendre folle la sagesse des intelligents, c’est-à-dire la rendre stupide par cet acte de folie de la croix.

Il est évident que cette attitude de Dieu n’a rien à voir avec une hypothétique jalousie de Dieu qui veut empêcher l’homme de raisonner. Au contraire, la Bible est pleine de paroles de Dieu louant la sagesse pour inviter à la sagesse, mais c’est plutôt contre les déviations de l’intelligence que Dieu s’élève. Il s’élève contre l’esprit de l’homme qui méprise les voies de la sagesse de Dieu et qui ne suit que ses propres lumières.

Obéissant, anéanti, livré

Ces trois points, ces sentiments de Jésus obéissant, anéanti, livré, ces états d’esprit correspondent à ce qui est opposé à Dieu c'est-à-dire le péché. En Jésus Christ obéissant il y a le contraire de l’orgueil des hommes. En Jésus Christ anéanti il y a les hommes qui veulent s’affirmer par-dessus tout, même plus que Dieu. Livré pour nous : c’est l’égoïsme de l’homme. C’est effectivement toute la racine du péché que Jésus prend sur lui mais par l’opposé.

Le monde est rebelle et désobéissant. Il est orgueilleux et égoïste, et voilà que Dieu va se faire le contraire. Obéissant, anéanti, livré, c’est avec ça que Dieu se dresse contre cette soi-disant sagesse : une sagesse chez les hommes qui n’a pas été capable de sauver l’homme. Elle est impuissante et cela n’a pas beaucoup changé. L’homme continue de penser qu’il peut se sauver par lui-même et de plus en plus on entend dire : « Dieu ? Pour quoi faire ? » Dieu est inutile pour beaucoup. L’homme doit pouvoir se réaliser par lui-même, la chirurgie, la médecine, etc.

Pour cela, le message de la Croix continue à être vital et fondamental. Il faut que les chrétiens affirment l’importance de la croix, de l’abaissement de Dieu, de l’obéissance, de l’humilité, du don de soi.

Il ne faut pas oublier ce que signifiait la croix pour les gens de l’époque. La croix avait une résonance atroce, énorme, horrible dans la tête des gens. Les Romains l’appelaient le supplice suprême, le plus humiliant, le plus dégradant, synonyme d’horreur, supplice d’exception réservé aux esclaves et aux grands criminels. On ne crucifiait pas un citoyen romain. Il arrivait que les Romains fassent mourir sur la croix les chefs ennemis qu’ils capturaient pour les humilier encore plus, pour montrer qu’ils n’étaient rien du tout. Cicéron disait que le nom même de la croix devait être éloigné des citoyens romains, de leur pensée, de leurs yeux, de leurs oreilles. Nous comprenons les paroles de Paul quand il annonce un Christ crucifié, « scandale pour les juifs et folie pour les païens », quand dans l’Épître aux Philippiens il dit qu’il « s’est anéanti prenant la condition d’esclave, il s’est humilié en allant jusqu’à la mort et la mort sur une croix » .

En attaquant les chrétiens, un sophiste parle de leur « sophiste empalé » en parlant de Jésus. Mais les chrétiens qui sont très conscients de ce paradoxe terrible d’affirmer la divinité et la force de Dieu par l’abaissement ne se dérobent pas.

Divinité et anéantissement

Saint Justin dit : « Quelle folie, nous dit-on, de mettre en seconde place après le Dieu immuable, éternel créateur et maître de toute chose, un homme crucifié ! »  Nous assumons, et d’une certaine manière les chrétiens se servent de leur argumentation comme étant la preuve qu’ un tel message ne peut être que vrai parce que sinon on le cacherait. On dirait vouloir répandre une nouvelle religion en disant une chose pareille. Sachant ce qu’est la crucifixion, allez dire aux Romains que le Dieu éternel et tout-puissant s’est fait homme et s’est fait crucifier! À partir de cette invraisemblance et de cette impossibilité, les chrétiens tirent la force de leur argumentation et de leur témoignage.

Et ça continue à être vrai depuis deux mille ans. Malgré ce que peut dire le monde, nous continuons à affirmer que le Salut est dans cet acte de Dieu.

Comment comprendre cette parole des Proverbes : « les délices de Dieu sont d’être avec les enfants des hommes »  quand on voit ce que ces « chameaux » de bonshommes sont capables de faire !

L’amour de Dieu pour les personnes, son désir de les sauver de les attirer à lui est si grand qu’il le fait sortir de lui-même. On utilise cette expression pour dire l’amour de Dieu pour les hommes.

Saint Bernard dit que Dieu n’aime que pour être aimé. Dieu aime pour qu’on l’aime. Et saint Thomas d’Aquin dit : « Dieu aime l’homme comme si l’homme était Dieu pour lui », comme s’il était son Dieu et qu’il ne peut être heureux sans l’homme comme si l’homme était Dieu pour Dieu ! 

L’épître aux Hébreux, en citant le psaume 40, nous dit ce qui se passa après cette sorte de conciliabule entre les personnes de la Trinité que nous a décrit le peintre Roublev. Le Verbe prend la parole et dit : « des sacrifices d’offrande tu n’as pas voulus, mais tu m’as façonné un corps. Holocaustes et sacrifices pour les péchés ne t’ont pas plu, alors j’ai dit : me voici,  car c’est bien de moi qu’il est écrit dans le livre, je suis venu ô Dieu pour faire ta volonté. »

Nous avons là la première démarche de la croix. Le Verbe préexistant, qui était de toute éternité avant de s’incarner en Jésus, fait déjà un acte de la croix en obéissant à son Père. Il vient faire sa volonté. Et le Verbe fait chair va faire l’expérience de l’anéantissement.

Saint Athanase dit qu’il ne faut pas dire que le Verbe s’est fait chair car cela impliquerait qu’il lui manque quelque chose. Il dit que « l’union du Verbe à la nature humaine n’ajoute rien à la Trinité ». Il préfère l’expression : « le Verbe a pris notre nature humaine » ou bien « il a pris notre chair ». Le Père est éternel et son Fils éternel et immuable s’est approprié une chair, mais il ne s’est pas « fait » chair. Dès le début dit-il, le Verbe ne s’est pas transformé en chair. Il a seulement pris notre nature, et en commentant le mot de saint Jean quand saint Jean dit : « le Verbe s’est fait chair », Athanase dit que le mot chair ne signifie pas autre chose ainsi qu’on peut le voir dans les expressions analogues par exemple chez saint Paul quand il dit que « le Christ s’est fait malédiction » ou que « le Christ s’est fait péché pour nous ». Il ne faut pas le prendre à la lettre parce que le Christ n’est pas devenu péché, mais il a pris nos péchés sur lui. Il s’est fait malédiction : il n’était pas malédiction. Il a pris la malédiction des hommes sur lui. Il y a donc ici un abaissement, un anéantissement de Dieu qui est difficile à comprendre en dehors de la foi. Par l’Incarnation Dieu va prendre un « être » qui n’est pas le sien. Son être : c’est l’être divin, et il va prendre l’être humain. Il va devenir humain. C’est là une démarche d’abaissement de la part de Dieu qui dépasse la raison humaine. Il va sortir de lui-même, de sa divinité, de son bonheur, de sa béatitude, de son infinitude. Il va prendre un être qui est proche de la mort, un être soumis à la finitude, mortel, pauvre, faible, marqué par le péché, le nôtre. Au moment de sa conception, un fils d’homme n’est même pas une goutte de rosée. Jésus de Nazareth deviendra l’être humain de Dieu. C’est le mystère incroyable du Verbe éternel qui va prendre la condition humaine et la faire sienne à la manière des humains par sa conception dans le sein de la Vierge Marie : il devient petit enfant. Le Verbe éternel est là déjà obéissant et anéanti.

Il s’est beaucoup plus abaissé par l’Incarnation que sur la croix, dit saint Thomas d’Aquin. Sur la croix, nous avons déjà un homme accompli : il est « quelqu’un ». Il est Jésus de Nazareth. Tandis que dans le sein de la très sainte Vierge Marie il n’est rien du tout. L’obéissance du Verbe éternel pour le salut des hommes est l’anéantissement. Si les anciens pouvaient se demander comment il était possible qu’un dieu soit sur la croix, nos modernes et nos médecins voudraient qu’on leur explique comment un bébé peut naître sans qu’il y ait l’intervention d’un homme. Mais il est vrai que si pour les Romains le scandaleux c’était la croix, maintenant que la croix n’existe plus en tant que supplice, pour les hommes de notre époque, les scientifiques en particulier, ce qui serait scandaleux c’est de penser que Dieu se soit abaissé pour devenir ça : une petite chose de rien du tout.

Le cœur humain du Verbe éternel

Cette démarche de Dieu, le Verbe fait chair, n’est pas provisoire. Il est venu pour toujours ce qui veut dire qu’à partir d’un moment de l’histoire humaine, le Verbe éternel s’est enchaîné à la nature humaine pour l’éternité. Le Fils éternel du Père sera toujours Jésus de Nazareth, un être humain. La nature humaine est entrée en Dieu lui-même à partir de ce moment-là. Comme disent les Grecs, par l’incarnation, un dieu est humain, ce que les théologiens appellent le « Verbe préexistant » (avant l’incarnation). Dans l’histoire des hommes se produit cette entrée de Dieu qui va se faire homme. Pour toujours, quelqu’un en Dieu est humain. C’est ce qu’on dit dans l’Église orientale.

D’une certaine manière, il n’y aura plus le Verbe de Dieu préexistant sans son humanité, sans cette nature humaine. C’est pourquoi on peut dire qu’en Dieu, il y a un cœur humain qui bat. C’est le cœur de Jésus de Nazareth qui est en même temps le cœur du Verbe éternel. Le Verbe s’est donné un cœur qui bat. C’est ce cœur que Marguerite-Marie Alacoque a vu dans sa révélation quand le Christ lui a dit qu’il souffrait et était contristé des outrages qui lui étaient faits par les hommes.

C’est donc ici que commence la croix du Verbe et que commencent aussi paradoxalement sa gloire et son triomphe. Par cette démarche de Dieu nous pouvons dire que nous avons gagné d’avance quels que soient les événements de l’Histoire humaine, même les difficultés de l’Église qui d’ailleurs est la seule institution qui tienne le coup depuis deux mille ans. Elle est le Corps du Christ et tiendra jusqu’au bout car le Maître a dit : « Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde. »

Il nous reste à suivre la volonté de Dieu car c’est lui qui gère l’Histoire. Nous sommes au commencement du Salut car deux mille ans, ça ne fait que la vie de trente hommes les uns après les autres ! Avant que l’esprit de Jésus, cet esprit d’amour, de justice et de paix se répande à l’humanité tout entière, il y a encore du temps. C’est pourquoi il ne faut pas croire à toutes les annonces de fin du monde. Il faut que tous les hommes aient eu la possibilité de connaître Jésus de Nazareth et aient pu être sauvés par lui. Il y a encore du « pain sur la planche » et tant qu’il y en aura, le Seigneur sera avec nous et continuera son œuvre.

La Parole faite chair 

Il est dit par Dieu, dans son Verbe éternel : Jésus est Dieu, né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu (…) par lui tout a été fait. Mais il est aussi le fils de Marie, un être humain comme nous. Et c’est en ce Jésus de Nazareth que s’est dite cette folle parole d’amour de Dieu pour nous. Je vous aime tellement que je vais faire pour vous une folie, je vais entrer dans l’histoire des hommes, partager la vie des hommes, partager la mort des hommes. Dieu qui est immortel, fait par Jésus, grâce à Jésus, l’expérience de la mort humaine, pas la sienne, la mort des hommes. Il va la vivre lui-même en Jésus. Les autres religions monothéistes refusent cela.

   Il y a la Trinité vétérotestamentaire, celle de l’Ancien Testament, Dieu éternel et tout-puissant, sa Parole et son Esprit. À l’Incarnation, cette Parole s’est faite chair et cette chair va nous dire que ce Dieu éternel est notre Père et que l’Esprit de Dieu est l’Esprit Saint qu’il a en commun avec le Père et qui va être donné à tout croyant. C’est Jésus qui le révèle, mais cela existait avant. Marie ne connaissait pas le mystère de la Trinité tel que nous le connaissons. Mais elle connaissait parfaitement et aimait profondément le Dieu d’Israël, Dieu d’Abraham, d’ Isaac et de Jacob. La parole de Dieu, elle la méditait sans cesse, on le voit dans le Magnificat, et l’Esprit de Dieu était en plénitude en elle. Je ne dis pas qu’elle ait compris que son fils était le Verbe, mais elle a compris qu’il était le Messie, le Sauveur. Elle est devenue disciple et est parvenue à la conclusion que ce fils qu’elle avait conçu était la Parole de Dieu faite chair.

Jésus est la Parole de Dieu faite chair c’est pourquoi nous disons que quand Jésus parle, c’est Dieu qui parle.

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