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Abordons maintenant à propos de la mission, notre second volet : le Père J. Eyquem portait l'angoisse du salut du prochain, en digne fils de saint Dominique. Abordons sous trois angles cette question : intuition des origines, recherche de solution et rapprochement avec l'apostolat des laïcs.
1. L'intuition des origines

Une intuition, car nous voyons le jeune dominicain récemment ordonné prêtre écrire en septembre 1945 une lettre cosignée par le frère Louis-Marie Bouhier, adressée au chapitre provincial de la Province de Toulouse : Sur l'adaptation et l'organisation du ministère ; elle reprend une lettre du mois de mai qui rapportait :
... quand nous disons que notre ministère a perdu dans un grand nombre de cas le contact avec la masse, et que ce qui nous frappe, c'est l'absence d'organisation qu'il présente, nous ne faisons qu'exprimer la pensée de beaucoup. On prêche ici. On prêche là. Un tel ou un tel. N'importe qui n'importe où.

Mis à part les ministères spécialisés, ce qui surprend c'est l'impossibilité de creuser un sillon. Les différents ministères n'ont pas été prévus pour se donner un mutuel appui. En face de nous, contre nous, l'armée puissante, régulière, des forces hostiles du christianisme exerce ses ravages. Nous menons contre elle une guerre de franc-tireurs.

Avec la même fougue, le P. Eyquem écrivit donc:
Dans une société qui n'est pas favorable à l'épanouissement de la vie chrétienne et qui, après une ère d'individualisme forcené s'efforce d'embrigader les masses dans des formations hostiles au christianisme, il est devenu nécessaire de se pencher non seulement sur la misère spirituelle des âmes, mais sur les tares sociales et les déficiences économiques qui les maintiennent en-dehors du christianisme.

Il faut de toute nécessité aider les hommes à vivre en chrétiens. Les foules écouteront d'une oreille distraite les leçons des prédicateurs si elles gardent l'impression que ceux-ci ne se rendent pas assez compte de l'héroïsme qu'ils leur demandent, et ne font rien pour créer autour d'elles un climat plus humain.

Les deux caractères particuliers à la société d'aujourd'hui, l'embrigadement des masses (...) et le matérialisme des doctrines posent donc aux missionnaires deux ordres nouveaux de problèmes : la réintégration des masses dans les communautés naturelles et surnaturelles qui leur seront nécessaires, et la création d'un climat humain.

2. La recherche de solutions

Le Père Eyquem était aussi soucieux de solutions : les idées ne peuvent suffire. Cette vue prendra corps avec les Equipes du Rosaire. Il s'agira notamment de mettre en place une pédagogie de l'accueil. Ainsi cet extrait du Rosaire dans la Pastorale de janvier 1971 (p.13) :
Pédagogie de l'accueil : car il y en a une, et qui n'est pas pour le mouvement la plus facile à faire passer.

En effet, pour faire la prière en commun, une fois par mois, dans une maison, il s'agit d'apprendre aux laïcs à ouvrir leur porte. "Accueillir chez moi, on verra les meubles que j'ai. On verra si mon ménage n'est pas fait. On va salir mes planchers !"
Cela suppose une lutte contre l'individualisme. "Pourquoi se retrouver pour prier ? On peut aussi bien prier tout seul." Accueillir chez soi suppose qu'on ne contourne pas les difficultés : "C'est bien mieux de prier à l'église. L'église est faite pour çà." Mauvais prétexte pour dissimuler un refus, celui d'ouvrir la porte de son coeur en même temps que celle de sa maison. Cela suppose aussi que l'on comprenne que tout homme est un frère, et que, par conséquent, il n'y a pas de rancune ou de blessure qui puisse résister au pardon chrétien : "Je ne veux pas accueillir la prière en commun chez moi, parce que je suis fâché avec untel..."
Cette réponse heureuse et charitable au problème de la déshumanisation par la solitude rend aussi les Equipes du Rosaire propres à rivaliser actuellement encore avec les mouvements religieux non-catholiques divers, qu'on les dise "nouveaux" ou plus "sectaires".

3. Le rapprochement avec l'Apostolat des Laïcs

Ce rapprochement correspond à cette sollicitude missionnaire :

L'orientation missionnaire des Equipes du Rosaire explique nombre de dispositions concrètes concernant les moyens mis en oeuvre. Il a fallu constamment, et il le faut encore, résister à la tentation du mieux et du plus, si l'on ne veut pas passer par-dessus la tête du pauvre. Une telle orientation devait nécessairement aboutir à constituer un mouvement de laïcs. Car ce sont des laïcs qui vivent quotidiennement au contact de la multitude (Le Rosaire dans la Pastorale janvier 1971 p.6).

Il y a là encore une réponse concrète à la remarque irritée du P. Eyquem, en 1945.

Or, cette préoccupation missionnaire l'avait précisément conduit à quitter l'Apostolat du Rosaire. Il le rappelait dans une conférence aux Equipes du Rosaire, le 12 mars 1989 :
Je n'ai pas choisi de m'occuper du Rosaire. Certes, ma dévotion à l'époque à l'égard de la Vierge n'était un secret pour personne, mais à l'époque elle était commune à beaucoup. En 1945, je n'avais pas trente ans. J'avais terminé mes études l'année précédente. Si j'aimais la Sainte Vierge de toute mon âme, mes préoccupations intellectuelles étaient pourtant tournées ailleurs.

Ce qui m'intéressait, c'était le monde, le monde auquel il fallait apporter la foi. Pendant plusieurs années, j'ai suivi à l'Arbresles, près de Lyon, des sessions d'Economie et Humanisme. Le livre célèbre France, Pays de mission ? m'a profondément marqué. Ce type de préoccupations m'habite encore aujourd'hui.

Rien d'étonnant alors si, en 1951, j'ai demandé au Père Nicolas, provincial, de me relever de la charge de Directeur du Rosaire que j'avais reçue entre-temps, pour rejoindre la mission ouvrière du Père Loew à Marseille. Je désirais être prêtre-ouvrier. Mais les temps étaient difficiles. La permission du provincial ne suffisait plus, ni l'accord de la mission ouvrière. Il fallait encore l'autorisation du Maître Général – qui me la refusa.

Mais en 1953, il devait reprendre cette charge où il mettra en valeur le souci de la mission et le souci des pauvres.

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