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A - Revoyons les premières années, 1955 - 1959 et 1965

1. Le 1er septembre 1955, le Père Eyquem écrivait à son supérieur, le P. Marie-Joseph Nicolas, prieur provincial de Toulouse : Aujourd'hui [comme à l'époque de Pauline Jaricot, 1826], nous nous heurtons dans nos paroisses à un même refus de la part des 80% de non-pratiquants (refus de prière et de méditation) ;

Et l'accueil des 20% de pratiquants n'est guère moins décevant. Je désire donc apporter aux mêmes maux les mêmes remèdes.2. Octobre 1955, le P. Eyquem propose aux "Associés du Rosaire" de sa région un nouvel élan missionnaire du Rosaire Vivant, dans l'esprit de Pauline Jaricot. Il confie ce nouvel élan à la prière de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus-et-de-la-Sainte-Face : perspective missionnaire universelle.

3. Au 1er trimestre 1957 parut un manifeste : Le Rosaire au service d'une Eglise en état de mission. La Préface est de Monseigneur Gabriel-Marie Garrone, alors archevêque de Toulouse, appelé plus tard au Vatican ; devenu cardinal, il décédera à Rome le 15 janvier 1994.

4. Septembre 1958, Madame Colette Couvreur entre dans le "Rosaire Vivant". Quand ce dernier prendra une dimension nationale, elle en sera la première responsable nationale.

5. Novembre - décembre 1958, premières "Prières mensuelles à la maison", adoptées comme une pratique désormais habituelle et organisée. Appui de l'archevêque de Toulouse.

6. Janvier 1959, naissance du premier numéro du Courrier des Chefs de Quinzaine qui deviendra Le Rosaire en Equipe.

Quant au nom "Equipes du Rosaire", il serait seulement de 1965. Voici une indication du P. Eyquem, du 28 mars 1989 : On se demandera peut-être, quand et pourquoi le Rosaire Vivant prit le nom d'Equipes du Rosaire. Je m'en souviens très bien, sauf de la date précise. Le Courrier des Chefs de Quinzaine parle pour la première fois d'Equipes du Rosaire dans le numéro de juillet-août 1965. Le Père Pitavy, directeur du Rosaire dans la Province de Lyon [actuellement Province de France], était dans mon bureau, en mai ou juin sans doute, à l'occasion d'une réunion du comité de rédaction dont il faisait partie. Il me dit que, dans sa Province, le Rosaire Vivant de Pauline Jaricot, tel que les Dominicains le propageaient, décourageait plutôt, surtout quand il processionnait bannière au vent. Il insista beaucoup pour qu'on changeât de nom. Nous en parlâmes avec Mme Couvreur. Je ne me souviens plus qui, le premier, eut l'idée d'appeler le Mouvement Equipes du Rosaire. Nous regrettions plutôt d'avoir à changer, redoutant que le nouveau nom ne plût pas. C'est pourquoi nous prîmes le parti de l'utiliser dans les publications sans annoncer le changement et en continuant à parler aussi de "Quinzaine". De fait, l'habitude s'est prise sans difficulté, insensiblement.

Précisons : le P. Eyquem parle de "Quinzaines du Rosaire". Ce sont des groupes de quinze personnes rattachées une organisation, "Le Rosaire Vivant" dont Mlle Pauline-Marie Jaricot fut la fondatrice à Lyon, en 1826. Cette organisation, à travers les "Quinzaines" qui étaient sous la responsabilité d'un "zélateur" ou d'une "zélatrice", demandait à ses membres deux choses : une réunion de prière commune du rosaire au début du mois, et une prière personnelle et quotidienne d'un "mystère du rosaire" différent chaque jour pour chacun des quinze membres du groupe. La modestie apparente de l'exigence - à cette époque aussi - correspondait au but missionnaire.

B - Pourquoi adopter la formule "Rosaire Vivant" ?

Pour comprendre le pourquoi de l'adoption du Rosaire Vivant, reportons-nous à la réalité des "années cinquante".

En 1956, le P. Eyquem écrivait au Maître de l'Ordre, le P. Browne : Pourquoi ne pas tirer un meilleur parti des conditions d'apostolat que les nécessités d'aujourd'hui nous imposent ? Puisqu'il semble certain que le Rosaire ne refleurira en France que si l'action du directeur régional est prolongée et multipliée par celle des laïcs, pourquoi ne pas organiser un mouvement en fonction de ce but ? Ce sont ces réflexions appuyées sur dix ans d'expériences et fortifiées par la foi dans l'Eglise qui m'ont conduit à redécouvrir le Rosaire Vivant. Le Rosaire Vivant est bien mort lui aussi.

Vouloir communiquer un moyen de vie spirituelle se retrouve dans cette lettre de mars 1964 : C'est cette optique missionnaire qui empêche le Rosaire Vivant d'être un succédané de la Confrérie. Car le "peu" qu'il demande représente pour ceux auxquels il s'adresse un effort immense, une régularité dont ils étaient jusqu'alors incapables.

Il faut dire "plus" : le "peu" qui caractérise le Rosaire Vivant se situe résolument à un plan spirituel. [...] Son effort porte lui aussi sur la contemplation des mystères. Et là, qu'est-ce que cela veut dire que contempler par jours deux fois plus ou deux fois moins de mystère ! Un commencement de contemplation n'atteint-il pas déjà à l'absolu ? [...]

Le Rosaire Vivant a été créé principalement pour les adultes, et les adultes des paroisses. Il s'adresse à des âmes tièdes ou remplies de préjugés à l'égard du rosaire. Hélas ! si ce sont là les conditions nécessaires au développement du Rosaire Vivant, il faut bien reconnaître qu'en France elles sont surabondamment remplies !

Et je crois en effet que le Rosaire Vivant est aujourd'hui comme au lendemain de la Révolution Française le moyen providentiel pour restaurer le Rosaire dans les âmes. Je le crois parce qu'il demande peu à des âmes qui ne peuvent pas davantage...

Puisque nous notons les grandes étapes du développement du mouvement, poursuivons sur ce chemin. Cet itinéraire évoque le souci du mouvement d'appartenir à l'Eglise du Seigneur de façon vivante ; donc en participant à sa vie intérieure et à sa mission.

C - Après 1965... 

Ce n'est qu'en 1965 que les Quinzaines du Rosaire devinrent les Equipes du Rosaire. Les événements se succèdent à partir de cette dénomination.

1967 : reconnaissance par l'Episcopat français, un palier majeur. Cette reconnaissance vient par la Commission de l'Apostolat des Laïcs ; ce qui correspond à l'identité missionnaire des Equipes et à la place voulue pour le laïcat, car les Equipes ne sont pas seulement des groupes de spiritualité.

Vient ensuite le pèlerinage à Rome de Mai 1971, soulignant la dimension universelle. A cette occasion, le Pape Paul VI dessinera un portrait déjà cité.

En 1972, les Equipes du Rosaire sont reconnues par l'Ordre des Prêcheurs (Dominicains) : Lettre du Maître Général de l'Ordre du Père Anicet Fernandez. Le P. Eyquem, dominicain, désirait ardemment ce lien entre l'Ordre et les Equipes.

En 1976, les Statuts seront votés et approuvés, après une période de tension de 3 années. Ces années seront celles de la maturation.

02 octobre 1979 : création de l'Association des Equipes. Cela se fit à Lourdes, lieu symbolique pour le "Rosaire", au commencement du mois, traditionnel pour les catholiques, du "rosaire".

Avec la création des statuts s'achevait la période des "années-soixante-soixante-dix". Pour asseoir le mouvement, plus de 20 années avaient été nécessaires.

Au plan international : parallèlement d'autres structures nationales prirent forme, à partir des années 1975-1985, notamment

pour l'Europe : en Espagne, en Belgique ;

pour l'Afrique et l'Océan Indien : à l'Ile Maurice, au Seychelles, à Madagascar et en Australie, mais aussi en Côte d'ivoire.

La fonction de niveau international était alors assurée par le niveau national de France.

Depuis janvier 1997, il existe une structure dite "Coordination Internationale".

D - Commentaire, image

En 1984, un second pèlerinage des Equipes du Rome à Rome occasionna ce commentaire du P. Eyquem : Le jour de l'audience pontificale, le mercredi 29 mai 1984, sur la Place Saint-Pierre, je me trouvais avec mon groupe de pèlerins assez éloigné des barrières le long desquelles le Pape Jean-Paul II devait passer. S'en étant aperçus, Bernadette Simon et le Père Leblanc, nouvel aumônier national qui se trouvaient à de bonnes places avec Mme Couvreur et le Père Kopf, ancien provincial de Toulouse, vinrent me chercher. Ils tenaient absolument à ce que je sois à une place d'honneur. Je les suivis volontiers. Mais quand la silhouette du Pape se rapprocha, je vis la détresse de Céleste Vatel, fondatrice des Equipes du Rosaire dans l'Océan Indien [en 1963]. Elle était petite et ne voyait rien. Je lui laissais donc la place, ainsi qu'à Mme d'Abbadie, responsable diocésaine de l'Ile Maurice.

Je fus alors rejeté en arrière par la foule qui se pressait contre les barrières. Petit malheur, car j'étais heureux de savoir le Pape si près. Mais le malheur grandit quand, sur les photos, on s'aperçut que je n'y étais pas. [...] Tous auraient tant voulu que nous soyons photographiés ensemble dans cette circonstance si solennelle.

Et je dois dire que, moi aussi, je l'ai alors regretté. Mais ce fut pour moi un signe : pour une bonne part, ma vocation dans les Equipes du Rosaire avait été de disparaître et de pousser les laïcs en avant. Les choses étaient donc bien ainsi.

Cette note est du 15 août 1990, jour de l'Assomption ; et le P. Eyquem s'endormira dans la Paix du Seigneur le 19 octobre suivant, pratiquement deux mois plus tard.

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