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Le souci privilégié des pauvres est pris dans les racines des Equipes du Rosaire. Cette option revient régulièrement.
Par exemple, dans un article des Cahiers Marials de 1962 : La solution que nous proposons repose sur une option fondamentale....
Pour mettre le Rosaire entre les mains de tous, le mieux est de viser d'abord à le mettre entre les mains de ceux qui ont le plus grand besoin de lui, soit parce qu'ils ne prient guère et que le Rosaire Vivant leur apporte dans ce domaine un minimum vital soit parce que, surmenés par la vie, ils ne peuvent pas en faire davantage.
C'est répondre aux voeu profond de l'Evangile, à un certain secret qu'il contient, et qu'il offre à tous ceux qui veulent être, dans le Royaume de Dieu, des hommes d'action. Ce secret, c'est d'aller au plus pauvre, au plus malade, au plus déshérité. Si le Rosaire est ce trésor que l'Eglise dit, c'est entre les mains de ceux qui en sont le plus dépourvus qu'il faut d'abord le mettre !
Il y a là, assurément, un choix, un ordre d'urgence dans l'orientation à donner au Rosaire. Mais ce choix, cet ordre d'urgence, nous situent d'emblée au coeur de l'Eglise.

1. La charité de la prière proposée

En mars 1964, le P. Eyquem enseignait que Pauline Jaricot avait compris ce qui pouvait être reçu par tous. Les Equipes du Rosaire sont de cette veine. Et cela n'exclut pas la contemplation !

Pauline Jaricot appartenait elle-même à la Confrérie et priait le Rosaire en entier chaque jour. Pourtant elle se rendit compte que l'obligation de la Confrérie dépassait les possibilités de beaucoup. Et c'est à leur portée qu'elle se mit... Et, en 1826, trop généralement, depuis longtemps, cette belle dévotion était laissée aux dévotes de profession. (...) D'où il résultait que le nombre des "associés" était trop restreint dans les paroisses et que ce n'était plus qu'une pratique exceptionnelle dans le monde...

L'important et le plus difficile, était de faire agréer le Rosaire à la masse. Ces difficultés, j'ose le dire, insurmontables et qu'il fallait vaincre à tout prix, firent éclore le Rosaire Vivant. Le Rosaire Vivant est pour les chrétiens à gros grains...

La publication Le Rosaire dans la Pastorale de janvier 1971, porte ce témoignage, à propos de la Béatitude des Pauvres :

Peut-être que je me trompe, mais je crois vraiment que les Equipes du Rosaire sont nées d'une certaine intelligence de la béatitude des pauvres, d'une foi ferme dans la bénédiction qui les accompagne.

Le pauvre est celui auquel personne ne pense, sinon le Christ, car il ne représente rien. Il ne fait pas le poids. Il n'intéresse personne. C'est ce laissé-pour-compte qui devient précieux aux yeux de Dieu. Je pense que seuls des yeux éclairés par une lumière d'En-haut peuvent, eux aussi, le discerner. Il résulte de cette conviction une attitude qui est aux antipodes de tout paternalisme. On n'enrichit pas le pauvre. C'est lui qui nous enrichit. (...) Car Dieu est avec lui.

En juillet 1954, "annoncer l'Evangile aux pauvres" était ainsi la première caractéristique de l'orientation renouvelée du Rosaire.

Avoir en premier lieu la préoccupation des plus déshérités parmi les chrétiens. Donc atteindre les non-pratiquants, la masse indifférente et - avant la pratique religieuse - lui rendre la foi. Il y a un plan spécial de pastorale, une catéchèse, inculquer la foi à petite dose.

2. La charité est lucide

Relevons ces lignes de 1971 où le P. Eyquem précise :

Il fallait donc, sans hésiter, sortir des églises et du milieu pratiquant pour s'avancer dans ce désert où nombre de baptisés achèvent de perdre le peu qu'ils ont. Il fallait aussi consentir à ne rien demander à cette multitude qu'elle ne pouvait porter : ni pratique sacramentelle, ni engagement d'aucune sorte.

Non pas qu'on estime qu'une vie chrétienne développée puisse se passer des sacrements ou d'un engagement d'Eglise, mais cela doit venir de la vie, d'une santé retrouvée. Il ne sert à rien de tirer sur le blé en herbe pour qu'il pousse plus vite. Il y a des impatiences qui sont fatales au développement de la vie !

Nous retrouvons cela dans les valeurs pédagogiques du mouvement [Le Rosaire dans la pastorale janvier 1971, p.12] :

a. Les Equipes du Rosaire aident les laïcs, et en particulier les responsables à prendre conscience du niveau catéchuménal d'un grand nombre de chrétiens [c'est-à-dire, niveau d'initiation, de découverte]. Beaucoup disent : "je crois, mais je ne pratique pas". D'autres pratiquent leur religion, mais on découvre avec une douloureuse surprise le peu de connaissances sur lesquelles s'appuie leur foi.

Le constater, le comprendre et en souffrir, c'est donner aux responsables le désir et les moyens d'approfondir leur foi, et d'aider les autres à le faire également. Progressivement, et dans le cadre d'une équipe qui l'aide, "le chrétien moyen" va retrouver les sources de sa foi en Jésus-Christ et dans l'Eglise.

b. Vis-à-vis des non-pratiquants, les responsables comprendront peu à peu qu'il ne s'agit pas de "convertir" des hommes, de les "amener à faire partie de l'équipe". Leur présence au sein de nos communautés de prière suppose beaucoup de patience, infiniment de tact et d'amour. Il faut du temps, il faut aussi accepter les échecs sans jamais se décourager.

Les responsables comprennent vite qu'il n'y a pas seulement des personnes démunies matériellement, mais surtout beaucoup de coeurs dépourvus d'espérance, d'amitié, de possibilités de dialogues fraternels.

3. Pour une réponse appropriée

La Béatitude des Pauvres est prise au sérieux et déclenche une réflexion pour une réponse appropriée. Le ton est net : il s'agit d'une constante. Toute l'organisation qu'il concevra visera ce but. Déjà sa "sainte colère" s'exerçait en 1945, après un an seulement de ministère presbytéral :

A qui s'adresse le plus souvent notre ministère ? Parlons francs. Au public que nous rencontrons dans les églises. Dans les églises, qui trouvons-nous ? Où sont les hommes, les jeunes gens, une partie des jeunes filles, les femmes mariées ? Ne disons pas ceux ou celles qui restent pour ne froisser personne. On conviendra que l'auditoire auquel on a l'habitude de s'adresser offre assez peu de besoins.

Un conseil souvent donné aux jeunes prédicateurs est celui-ci : "Et surtout adaptez-vous". Mais s'adapter à quoi ? Où qu'on aille, on a l'impression de rencontrer les mêmes habitués ! Les mêmes demoiselles, les mêmes vieilles dames. Les enfants sont hors de cause. Ils n'écoutent pas... pas même Monsieur le Curé qui les fait taire ! La question pour le prédicateur n'est pas de savoir s'il pourra subvenir aux besoins de son auditoire, mais de savoir si son auditoire en a.

4. La nécessaire organisation

Dans une conférence du 26 avril 1960, il redira ce "souci du pauvre" en lien avec le rosaire, alors même que les Equipes faisaient leurs premiers pas ; et dans ce contexte, toutes les images comptent :

Mais dira-t-on, "si vous allez ainsi vers le faible, les autres vous les laissez tomber ?"

- Loin de là ! Ils deviennent plus que jamais indispensables ! C'est même maintenant qu'ils deviennent indispensables ! Car, pour soulever la pâte, il faut du levain ! Si c'est vraiment l'indifférent, le tiède qu'on veut atteindre, c'est aux plus fervents qu'il faut faire appel, précisément pour pouvoir l'atteindre ! L'indifférent, le tiède ne va pas même à l'église. Il n'ira pas en tous cas à vêpres, ou à l'heure des vêpres, pour entendre la prédication plus développée d'un Directeur du Rosaire. Et le matin, aux messes, ce qui entre par une oreille sort par l'autre. Sauf s'il s'agit justement d'âmes plus ferventes, du levain ! Mais il faut aussi créer un "milieu".

Et c'est cela, me semble-t-il, que d'ordinaire on ne voit pas assez. On croit volontiers qu'il suffira de demander moins, toujours moins, le moins possible pour avoir la chance d'être suivi. A mon avis c'est une grave erreur. Il faut encore mettre le faible en contact avec le fort ! Il faut créer un milieu de vie où l'influence personnelle de quelques-uns puisse s'exercer sur d'autres ! Et puisqu'il s'agit de prière, il faut créer des communautés de prière.

Cela, Pauline Jaricot l'avait admirablement compris. Elle n'a pas inventé seulement la dizaine quotidienne même méditée, elle a inventé le groupe de quinze. Elle a inventé une organisation, une association, une nouvelle manière d'être ensemble.

S'imaginer qu'on puisse se passer d'une organisation, c'est à mon avis une erreur foncière qui, dès le principe, voue à l'échec toute tentative d'atteindre réellement la multitude

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