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AVEC SAINT DOMINIQUE, CONTEMPLER ET PARTAGER LA PAROLE (Conseil National Toulouse 2015)

Je me suis laissé entendre dire que dans tel ou tel diocèse, telle ou telle région, des membres des Équipes du Rosaire s'étonnaient quelquefois de voir arriver un frère dominicain pour animer une récollection ou un rassemblement. A la limite la réaction était celle-ci : mais que vient-il faire là ? N'a-t-il rien de mieux à faire? Est-il à ce point désœuvré qu'il a du temps pour venir passer la journée avec nous !

AVEC SAINT DOMINIQUE

Tout le monde sait (ou presque) que notre mouvement des Équipes du Rosaire a été fondé par le Père Eyquem, dominicain. Mais cette référence pourrait – pourquoi pas - se comprendre comme un seul point d'histoire qui n'aurait aucune répercussion fondamentale sur l'identité de notre Mouvement, en dehors du fait qu'il y aurait forcément quelque chose de « dominicain » dans cette affaire ! Il y aurait alors tout au plus, dans cette compréhension des choses, un lien entre les EdR et l'Ordre de Saint Dominique que l'on pourrait déterminer comme « purement occasionnel ». J'emprunte cette formule au Père Eyquem lui-même lorsqu'il présentait la Charte de notre Mouvement au CN le 22 mai 1976. Formule qu'il était le premier à contester évidemment !
Car, pour le Père Eyquem, ce lien n'était pas « occasionnel » mais « étroit ». C'est ce qu'il dira au CN du 23 mars 1980 à Tours : « Il y a en effet entre l'Ordre de saint Dominique et le Rosaire un lien étroit : des deux côtés il s'agit de fortifier la foi, de propager la foi ». Cela aide à comprendre pourquoi dans une tradition multiséculaire la prédication du Rosaire soit le bien propre de la tradition dominicaine. L'un comme l'autre ont pour but de fortifier et de propager la foi. Nous voyons ici que pour le Père Eyquem – et nous ne le cessons de le dire dans notre Mouvement - il y a une complémentarité dans la prière du Rosaire entre la contemplation de la foi et la mission. L'un ne peut aller sans l'autre.
Dans l'esprit du Père Eyquem il y a donc entre ses Équipes du « Rosaire » et l'Ordre un lien étroit. Et c'est au nom de ce lien étroit que le Père Eyquem demandera la reconnaissance des EdR par le Maître de l'Ordre des Prêcheurs. C'est dans cette même logique qu'il y a de cela quelques années, le Mouvement a fait marche arrière dans sa demande d'être reconnu par le Conseil Pontifical pour l'apostolat des laïcs en se rendant compte qu'il faudrait alors renoncer à son lien avec l'Ordre.


Dans une intervention au Conseil National du 2 avril 1974, le Père Eyquem va oser cette formule : « Les EdR sont pour moi comme une épiphanie de l'Ordre de saint Dominique ». Épiphanie, autrement dit une « manifestation » de l'Ordre de saint Dominique. Et il va développer cette idée en des termes qui prennent une dimension particulière alors que nous sommes ici à Toulouse à l'occasion du Jubilé de l'Ordre. Je cite: « Je crois de toute mon âme qu'en suscitant saint Dominique, l'Esprit Saint a fait jaillir dans l'Église une source d'eau vive, un charisme permanent, comme on dit aujourd'hui, dont la caractéristique est d'annoncer l'Évangile à la manière des Apôtres, simple, populaire, accessible à tous. Or c'est à ce charisme qu'une multitude de laïcs sont invités à participer dans les Équipes du Rosaire. Je dis bien - et cela caractérise les EdR - une multitude. La vraie vocation des Équipes du Rosaire est en effet d'entrainer dans une prédication de la foi pas seulement une élite de laïcs ayant reçu une culture religieuse importante, mais une masse de chrétiens pas tellement instruits, pas nécessairement meilleurs que les autres, mais qui, recevant de l'intérieur l'impulsion spirituelle d'un Ordre dont la mission est de prêcher, deviennent à leur tour, dans un climat de prière, des prêcheurs ».
Quand on doit souvent écrire des textes on aimerait avoir écrit un texte comme celui-ci qui porte un souffle certain et qui résume en quelques mots une réalité ô combien vaste. Tout y est : le charisme de saint Dominique ? - « Annoncer l'Evangile à la manière des Apôtres, simple, populaire, accessible à tous ». La vocation des Equipes ? - « Entrainer dans une prédication de la foi une masse de chrétiens qui, sous l'impulsion de l'Ordre, deviennent dans un climat de prière des prêcheurs ».
Dans une autre intervention au CN du 23 mars 1980, le Père Eyquem insistera une nouvelle fois sur le caractère pédagogique de la prière du Rosaire dans la mission de l'Ordre et son lien avec les Équipes du Rosaire : « Ce qui m'a toujours séduit dans le Rosaire c'est qu'il est bien dans l'esprit de l'Église une prière qui enseigne, qui maintient les vérités essentielles, qui les met à portée de tous. C'est même là, j'en suis persuadé, l'apport spécifique de l'ordre des Prêcheurs à l'histoire et à la formation du Rosaire. Et c'est bien pourquoi, au cours de ces dernières années, j'ai toujours réagi dans le sens d'un renforcement du lien entre les Équipes du Rosaire et l'Ordre de saint Dominique. J'ai toujours été persuadé - et je le suis encore - que les Équipes du Rosaire perdraient beaucoup à prendre leur distance à l'égard d'un Ordre qui peut - qui doit - les faire « participer, comme les statuts l'ont heureusement formulé, à la mission de l'Ordre et à son charisme apostolique, sans être pour autant un laïcat dominicain ».
Vous comprendrez mieux maintenant pourquoi notre Conseil National se tient ici, à Toulouse, en cette année 2015, au début des festivités du Huitième centenaire de l'Ordre des Prêcheurs. Et pas simplement pour le plaisir de faire un beau voyage, ou dans une vision romantique ou sympathique par rapport aux frères, mais comme une manière pour notre Mouvement de revenir à cette source d'eau vive que l'Esprit Saint a fait jaillir dans l'Église en suscitant saint Dominique. Cette source dans laquelle notre Mouvement plonge ses racines.
Sous réserve de la première place accordée à la Vierge Marie et de celle qu'occupe la petite Thérèse comme patronne, notre mouvement ne doit pas oublier qu'il trouve son identité et son dynamisme spirituel « avec saint Dominique ». Et cet « avec » n'est donc pas de circonstance. Car Dominique nous accompagne à chaque fois que nous nous réunissons en petite équipe fraternelle, à chaque fois que nous ouvrons notre livret mensuel, à chaque fois que nous prions notre dizaine quotidienne, à chaque fois que nous participons à des récollections ou des rassemblements. Il est là, lui qui a reçu au nom de son Ordre le Rosaire des mains de la Vierge Marie comme on l'a tant de fois représenté. Il est là avec nous ouvrant le livre des Ecritures comme l'a si magnifiquement peint Fra Angelico dans sa fresque « Le Christ aux outrages ». Il est là avec nous au pied de la Croix du Christ implorant la miséricorde pour les pécheurs. Il est là avec nous à travers les visages de tous ces frères qui accompagnent notre mouvement comme l'induit si génialement l'œuvre de Matisse ne donnant pas de visage à Dominique parce que dans cet ovale doit se greffer tous les visages des frères comme autant de Dominique pour notre temps.
Oui, il y a bien un lien étroit entre saint Dominique et notre mouvement. Comme lui nous voulons aimer le Christ. Comme lui nous voulons témoigner du Christ. Comme lui nous sommes des passionnés de la Parole.

CONTEMPLER LA PAROLE

La tradition dominicaine rapporte que saint Dominique portait toujours sur lui les livres du Nouveau Testament. Rappelons-nous qu'au XIII° siècle les livres étaient rares et chers. Le fait d'avoir une édition complète de poche de la Bible comme nous aujourd'hui était à l'époque un luxe impensable.
Dans un des premiers textes de l'histoire de l'Ordre que l'on appelle le Libellus rédigé par Jourdain de Saxe, premier successeur de Dominique, on lit ceci à propos des études de Dominique à Palencia : « Il se hâta de passer à l'étude de la théologie et se mit à se nourrir avec avidité des Écritures Saintes, les trouvant plus douces que le miel à sa bouche. Il passa donc quatre années dans ces études sacrées. Telle était sa persévérance et son avidité à puiser dans les eaux des Saintes Écritures qu'infatigable quand il s'agissait d'étudier, il passait les nuits à peu près sans sommeil, cependant que dans le plus profond de son esprit, la mémoire tenace retenait dans son sein la vérité que recevait l'oreille … Il y a en effet deux manières de garder la parole divine : par l'une nous retenons dans la mémoire ce que nous recevons par l'oreille; par l'autre nous consacrons dans les faits et manifestons par l'action ce que nous avons entendu » (Lib. 7).
Cette « avidité » de jeunesse à la lecture des Écritures l'accompagnera évidemment toute sa vie. Et le fr. Jean-René Bouchet fait cette remarque : « L'amour pour la Bible à la fin du XII° siècle n'est pas une exception mais une redécouverte de l'Europe chrétienne. Quels que soient les accents qu'il prend à Cluny, à Cîteaux ou dans les fondations nouvelles, il est toujours signe de conversion et de renouveau » (Saint Dominique, p. 13).
C'est donc à partir des Évangiles que saint Dominique contemple le Christ. Et l'œuvre de sa vie a été de prôner un retour à la vérité de l'Évangile contre les dérives de toutes sortes et en particulier l'hérésie cathare.
Nous avons un autre témoignage sur cette lecture de la Parole de Dieu par Dominique dans le document que l'on appelle « Les neuf manière de prier ». Voici ce qui nous est dit au n° 8 :
« Notre père saint Dominique avait encore une autre manière de prier, toute pleine de beauté, de dévotion et de charmes. Il s'y livrait après les heures canoniales et après l'action de grâces communes qui suit le repas.
Ce bon père, admirable de sobriété et débordant de l'esprit de dévotion, qu'il avait puisé dans les divines paroles qui se chantaient au chœur ou au réfectoire, se mettait bien vite dans un endroit solitaire, en cellule ou ailleurs, pour lire et prier, recueilli en lui-même et fixé en Dieu. Paisiblement il s'asseyait, et après avoir fait le signe de la croix, il lisait dans quelque livre ouvert devant lui; son âme éprouvait alors une douce émotion, comme s'il eût entendu le Seigneur lui-même lui adresser la parole selon qu'il est écrit : « J'écouterai la parole que le Seigneur Dieu dira au-dedans de mon cœur, etc. » (Ps 84,9). Et comme s'il disputait avec un compagnon, il paraissait tantôt ne pouvoir contenir ses paroles et sa pensée, tantôt écouter paisiblement, discuter et lutter. On le voyait rire et pleurer tour à tour, regarder fixement et baisser les yeux, puis se parler bas et se frapper la poitrine...
Et tandis qu'il lisait ainsi dans la solitude, il vénérait son livre; et, s'inclinant vers lui, le baisait avec amour, surtout quand c'était le livre des Évangiles, et qu'il lisait les paroles que Jésus-Christ avait daigné prononcer de sa bouche ».
A travers ce témoignage nous découvrons un Dominique « amoureux de la Parole », ce qui me fait dire que la spiritualité dominicaine est fondamentalement biblique. La prière du Rosaire est, elle aussi, fondamentalement biblique. Les mystères que nous prions s'enracinent dans l'Évangile. La prière du Rosaire est une contemplation de la Parole sous le regard maternel de la Vierge Marie qui « conservait tous ces événements dans son cœur » (Lc 2,51).
Nous savons tous que le Concile Vatican II a remis la lecture des textes bibliques et l'étude de la Bible au cœur de la vie spirituelle des catholiques. Tout ceci avait été précédé par le renouveau biblique et liturgique dans la première moitié du XX° siècle. La réforme liturgique issue du Concile allait redonner vie d'une certaine manière à la liturgie de la Parole avec des textes accessibles dans les langues « vernaculaires » selon l'expression consacrée.
La redécouverte de la Parole de Dieu et surtout de sa lecture par les catholiques a très certainement eu un impact sur la pratique de la prière du Rosaire qui a été reléguée au second plan. Ouvrir la Bible, lire les textes, se former à son étude devint une des plus belles aventures spirituelles des années de l'après-concile. Et Dieu sait que les catholiques avaient beaucoup de retard à combler en la matière. La prière du Rosaire, qui avait eu tendance à thématiser les mystères de la vie du Christ, pouvait sembler un peu archaïque et bien pauvre par rapport à la lecture des textes bibliques. D'une certaine manière, ce qui fut la richesse de cette prière du Rosaire pendant des siècles devint son point faible à l'heure du renouveau biblique qui est un des plus beaux fruits du Concile.
De ce point de vue, il faut souligner une nouvelle fois l'intuition du Père Eyquem qui a très bien perçu le renouveau biblique de l'avant-concile. Il a voulu alors que la prière des Equipes du Rosaire soit une véritable liturgie de la Parole avec sa proclamation et sa méditation. Au fil des mois notre prière des Equipes du Rosaire est destinée à devenir également une étude biblique, un approfondissement de la compréhension de la Parole de Dieu de « manière simple, populaire, accessible à tous ».
A l'école de Marie, nous gardons fidèlement tout cela dans notre cœur (Lc 2,51). Et rappelons-nous ici ce que disait Jourdain de Saxe : « Il y a deux manières de garder la parole divine : par l'une nous retenons dans la mémoire ce que nous recevons par l'oreille; par l'autre nous consacrons dans les faits et manifestons par l'action ce que nous avons entendu ». Cela ne vous rappelle-t-il pas ce qui est au cœur de la prière des Equipes après la proclamation de la Parole de Dieu : la réflexion sur le mystère et la réflexion pour notre vie. Encore une fois avec saint Dominique !
Une autre originalité caractérise notre Mouvement dans la contemplation des mystères du Christ. Les quatre mystères du Rosaire deviennent le prisme par lequel nous abordons tous les textes du Nouveau Testament. C'est à dire que là où, habituellement il y a des textes incontournables (Annonciation : Lc 1,26-36 ; Visitation : Lc 1,39-56 ; …), nous disons que d'autres textes du Nouveau Testament nous disent quelque chose de l'Annonciation, viennent enrichir notre contemplation du mystère de l'Annonciation qui déborde bien évidemment le texte traditionnel. C'est, je vous l'accorde, plus ou moins bien réussi, plus ou moins bien géré dans nos feuillets mensuels.
Mais c'est l'originalité de notre mouvement. Croiser les textes bibliques avec les mystères du Rosaire. Dans les mystères lumineux ajoutés par Jean-Paul II, le troisième - à savoir « L'annonce du Royaume » - permet le plus facilement cela tant une diversité de textes peuvent s'y rattacher.

PARTAGER LA PAROLE

Au cours du procès de canonisation de saint Dominique (1233) plusieurs témoins vont être entendus et leurs propos consignés dans un document que l'on appelle aujourd'hui « Les dépositions de Bologne ».
Le témoignage du frère Ventura de Vérone est intéressant à retenir. Ce frère, nous dit le document, « vécut avec frère Dominique dans la ville de Bologne et aussi dans ses voyages au dehors, à travers la province de Lombardie » (n° 2). Nous avons donc là un témoignage direct de la vie au quotidien avec Dominique. Et que nous apprend ce frère ? Ecoutons ce qui est consigné dans sa déposition : « Le long de la route, frère Dominique voulait presque toujours adresser la Parole de Dieu à ceux qui l'accompagnaient en chemin, par lui-même ou par d'autres. Il (fr. Ventura) le sait pour l'avoir vu souvent. En chemin, frère Dominique voulait toujours disputer scolairement, ou parler de Dieu, lire ou prier » (n° 3).
Un autre frère, Guillaume de Montferrat, dans ce même document, aura une formule restée célèbre et qui reviendra dans d'autres témoignages : « il (saint Dominique) parlait toujours avec Dieu ou de Dieu » (n° 13).
Partager le trésor de la Parole de Dieu. C'est aussi ce qui est au cœur du projet de notre Mouvement. Lors de nos rencontres de prière mensuelle nous nous retrouvons autour de la Parole de Dieu, nous nous arrêtons pour échanger et nous dire les uns aux autres ce que cette Parole de Dieu signifie pour nous, ce qu'elle provoque dans notre expérience de croyant. Cet exercice n'est certainement pas facile car partager la Parole c'est dévoiler un peu de notre intimité, c'est livrer un peu de nous-même car la Parole nous renvoie toujours à notre propre vérité. Et souvent la tentation pousse à éviter ce moment, à passer rapidement sur ces moments de partage sous prétexte que ce qui est écrit dans le feuillet serait plus intéressant. Avoir une telle réaction c'est oublier deux choses. La première c'est que notre Équipe se construit en profondeur et en vérité à partir de ces moments de partage. La seconde c'est que chacun d'entre nous a une relation unique avec le Christ, relation qui s'inscrit dans une expérience spirituelle unique qui a toute sa légitimité à être partagée. Dominique en chemin ne confisquait pas la parole, il invitait ses frères à livrer eux aussi le fruit de leur méditation et de leur contemplation. Ceci est toujours d'actualité dans nos couvents dans la prédication quotidienne des frères …
Nous savons par ailleurs que dans nos rencontres il peut y avoir deux autres types de tentation : il y a ceux qui pensent avoir tellement de choses intéressantes à dire qu'ils monopolisent le temps de parole et qu'ils oublient que chacun a un « droit de parole »; il y a ceux qui pensent n'avoir rien à dire par peur ou par humilité oubliant ainsi qu'ils ont un devoir de parole, quand ce n'est pas une manière de se laisser aller à la facilité ... Dans le livre d'Isaïe (43,4) nous trouvons ce beau verset : « parce que tu as du prix à mes yeux, que tu as de la valeur et que je t'aime » :ce verset est une belle et vénérable déclaration d'amour de Dieu au temps du prophète Isaïe, mais qui garde toute sa force et sa pertinence pour chacun d'entre nous encore aujourd'hui. Alors certains auront plus ou moins de facilités pour se livrer, auront plus ou moins les mots pour se dire, mais chacun a quelque chose d'unique à dire et dans ce partage, qui n'est pas effectivement une expérience facile, s'exprime toute la richesse de l'amour de Dieu pour nous, toute la richesse de notre Équipe.
Mais pour nos Équipes le partage de la Parole ne doit pas se faire uniquement en vase clos, entre les murs de nos maisons. Ce partage de la Parole doit être aussi « prédication » dans la dimension « missionnaire » de notre mouvement. Le Père Eyquem ne disait-il pas : « Mouvement d'Église, mouvement marial, les EdR sont évidemment un mouvement missionnaire. Ces trois qualifications sont d'ailleurs coextensives. L'Église est missionnaire, comme elle est mariale, par vocation » (CN Perpignan 20 avril 1986). Oui l'Église porte et annonce la Parole. Nous avons eu déjà l'occasion d'aborder cette dimension lors de notre CN sur le thème « Invitons ». Oui invitons à venir partager la Parole dans nos maisons. Mais n'ayons pas peur de partager cette Parole plus largement. N'ayons pas peur de partager « l'Espérance qui est en nous » pour reprendre l'expression de la 1° lettre de Pierre. Le Pape François nous indique une manière de vivre cela concrètement :
« Etre disciple c'est avoir la disposition permanente de porter l'amour de Jésus aux autres, et cela se fait spontanément en tout lieu : dans la rue, sur la place, au travail, en chemin.
Dans cette prédication, toujours respectueuse et aimable, le premier moment consiste en un dialogue personnel, où l'autre personne s'exprime et partage ses joies, ses espérances, ses préoccupations pour les personnes qui lui sont chères, et beaucoup de choses qu'elle porte dans son cœur. C'est seulement après cette conversation, qu'il est possible de présenter la parole, que ce soit par la lecture de quelque passage de l'Ecriture ou de manière narrative, mais toujours en rappelant l'annonce fondamentale : l'amour personnel de Dieu qui s'est fait homme, s'est livré pour nous, et qui, vivant, offre son salut et son amitié. C'est l'annonce qui se partage dans une attitude humble, de témoignage, de celui qui toujours sait apprendre, avec la conscience que le message est si riche et si profond qu'il nous dépasse toujours » (GE n° 127-128)
C'est je crois cette même disposition du cœur qu'avait saint Dominique lorsqu'il annonçait la Parole de Dieu sur les routes du Lauragais et d'ailleurs en refusant toujours la violence en véritable homme de Dieu. Alors avec lui, contemplons et partageons sans cesse la Parole. Avec lui osons la fraternité dans le partage de ce qui nous fait vivre à tous les hommes et femmes de bonne volonté.

Fr. Hervé Jégou

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