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stpierrechanel1«Aimer Marie et la faire aimer»                                                                                        
Devise de saint Pierre Chanel
Intervention du père Pierre Le Bourgeois, aumônier diocésain des Equipes du Rosaire, le samedi 18 octobre 2014 au sanctuaire de Cuet

Mettons en exergue de cet entretien deux phrases de saint Pierre Chanel :

« Soyez toujours missionnaires de prières en attendant que vous puissiez l’être d’action »
« Laissons faire, la Sainte Vierge saura bien arranger toute chose »

Petite biographie de saint Pierre Chanel

Saint Pierre Chanel est né le 12 juillet 1803 à la ferme de la Potière à Cuet. Le curé de Cras-sur-Reyssouze remarque rapidement sa piété et son intelligence, et lui propose de l’emmener avec lui, pour servir la messe et étudier avec lui, à l’école de Cras, qu’il intègre à l’automne 1814. Après sa première communion, le 23 Mars 1817, il se passionne pour la lecture des lettres des missionnaires envoyés par monseigneur Dubourg, de retour d’Amérique. Plus tard il confiera : « C’est l’année où je formai le dessein d’aller dans les missions lointaines ». Il perçoit à ce moment l’appel de Jésus à tout quitter pour le suivre dans la vocation sacerdotale et commence à étudier au séminaire.
Il est ordonné prêtre en 1827, et après plusieurs missions locales, il rentre dans la Société de Marie. Il enseigne alors pendant 5 ans, tout en désirant être missionnaire sur des terres lointaines.
Suite à l’appel du pape Grégoire XVI à envoyer des missionnaires en Océanie, mission particulièrement confiée à la Société de Marie, Pierre Chanel se porte volontaire, et embarque au Havre, le 24 décembre 1836, en direction de Futuna.
Pierre Chanel et deux compagnons s’installent à Futuna et il y célèbre sa première messe le 8 décembre 1837, (fête de l’Immaculée Conception depuis 1477). Pendant 2 ans, hébergés par le roi local Niuliki, il apprend la langue du pays auprès du roi Niuliki et baptise des enfants mourants.
Une fois sa “formation” terminée (!), Pierre Chanel commence son travail d’évangélisation. Il a à cœur de lutter contre le cannibalisme, encore présent sur l’île, et contre les guerres entre tribus. Ses actions lui valent le surnom d’ homme à l’excellent cœur.
Devant le nombre de conversions au catholicisme, le roi Niuliki prend ombrage et décide de ne plus héberger ni nourrir les missionnaires, qui sont alors contraints de manger du manioc, issu d’un champ qu’ils défrichent et qui est régulièrement saccagé pour les obliger à quitter l’île. Menacés de mort, ils sont même réduits à manger leur chien.
Mais devant les prières et offrandes des missionnaires dans l’Eucharistie célébrée chaque jour, et à travers leur témoignage, l’Esprit-Saint continue à toucher les cœurs. Le fils du roi Niuliki se convertit publiquement au catholicisme.
Le 28 avril 1841, le roi décide alors d’en finir avec le missionnaire qui met en péril sa puissance et celle de sa descendance, et envoie des guerriers pour le tuer et piller sa demeure. Roué de coup, d’un coup de hachette, Pierre Chanel entre dans la vie divine ce jour-là.
Peu d’années après ce drame, toute l’île de Futuna était chrétienne, y compris ses assassins. Une danse (“eke”), est même créée par les habitants de Futuna en pénitence et pour se souvenir du saint missionnaire qui leur avait apporté la bonne nouvelle de Jésus Ressuscité.
Il a été béatifié par Léon XIII en 1889 comme martyr et canonisé par Pie XII le 13 Juin 1954.
Quel peut être le charisme de Cuet ?
En Océanie, tant francophone qu’anglophone, il y a deux statues qui se répondent dans les différentes églises :
• Le Saint Curé d’Ars
• Saint Pierre Chanel
Ce sont deux saints de notre diocèse qui ont chacun un sanctuaire qui leur est dédié. Il nous faut donc connaître et comprendre le sens de l’un et l’autre. Il s’agit de percevoir la complémentarité des charismes entre les deux sanctuaires diocésains que sont Cuet et Ars.
• Cuet : Ce qu’a pu vivre saint Pierre Chanel à Cuet nous révèle le sens du sanctuaire. Nous sommes face à la naissance, à l’origine de la vie. Il s’agit de la vie humaine et de la vie chrétienne.
• Ars : Nous y voyons un saint curé qui veille nuit et jour à permettre de cette vie demeure. IL nous le montre par la prière, la pénitence, la confession, le don de soi aux autres.
A Cuet, nous sommes donc appelés à redécouvrir la joie de notre naissance et la grâce de notre Baptême. Cuet vient nous aider à redécouvrir la joie de notre vie chrétienne, Ars nous donnant de l’entretenir et de la faire grandir.
« Aimer Marie et la faire aimer »
Nous allons méditer sur la devise de Saint Pierre Chanel. Celle-ci se divise en deux parties :
1. Aimer Marie
Et
2. La faire aimer
Il s’agit bien de tenir ensemble ces deux pans de la devise de Saint Pierre Chanel. N’oublions pas la petite conjonction de coordination : « ET ». Le premier pan nous fait aller vers Marie, le deuxième nous donne de l’offrir aux autres. Il y a comme une respiration qui est celle du disciple du Christ.
Méditons chacune des parties de cette devise.
« Aimer Marie… »
Afin de mieux saisir le sens de cette première partie, il nous faut regarder Marie dans trois étapes de sa vie au cœur de l’Évangile. Nous agissons ainsi comme sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui a pu dire, dans sa poésie « Pourquoi je t’aime ô Marie », qu’elle contemple la vie de Notre Dame dans le Saint Évangile afin de découvrir qui elle est et ce qu’elle a à nous dire.
Annonciation (Lc 1,26-38)
Nous connaissons tous ces versets de l’évangile de saint Luc :
L’Ange Gabriel, envoyé par Dieu, demande à Marie si elle veut devenir la Mère du Sauveur. Par son « OUI », par son « FIAT », Marie accueil le Sauveur en elle. Elle vit dans la confiance et donne le Rédempteur de l’homme au monde. Ainsi, Marie nous donne Jésus.
Il semble presque évident que Jésus devait ressembler physiquement à sa mère.  De ce fait, par son incarnation, Jésus, Dieu fait homme, nous renvoie à Marie.
Cette courte méditation vient donner un sens très grand sur l’origine de notre vie dans le sein de notre mère. En aimant Marie, nous apprenons à aimer en vérité l’origine de notre vie, à aimer notre propre maman qui, dans son fiat, nous a accueilli en elle pour nous donner la vie.
Visitation (Lc 1, 39-56)
Dans cet événement, Marie se met en route rapidement afin de rendre visite à sa cousine Elisabeth. Marie porte Jésus au monde. Arrivée chez sa cousine, Marie est accueillie dans l’action de grâce. De plus, le Précurseur, dans le sein d’Elisabeth, tressaille d’allégresse. C’est en quelque sorte le baptême d’Elisabeth dans l’Esprit Saint. Cela lui donne de reconnaître son Sauveur.
Marie chante le Magnificat.
Ainsi que nous le rappelle saint Paul : « Personne n’est capable de dire : ‘Jésus est Seigneur’ sinon dans l’Esprit Saint » (1Co 12,3). Oui, à la suite de Marie, nous avons besoin de l’Esprit Saint non seulement pour accueillir la vie de Jésus mais aussi pour reconnaître les merveilles qu’il accomplit en nos vies parce qu’il est le Seigneur. Avec Marie soyons dans l’action de grâce.
Marie au pied de la Croix
Faisons une avancée rapide dans le temps en nous retrouvant au pied de la Croix avec Marie et soyons « le disciple que Jésus aimait ». Nous entendrons alors Jésus nous parler, non pas comme il le faisait dans le sermon sur la montagne, mais entre deux respirations courtes de l’agonie.
« Femme voici ton fils ! » « Fils voici ta mère ! »
Et l’évangéliste continue en affirmant : « Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui » (cf Jn 19,26-27).
Dans ce dernier dialogue, Jésus nous confie sa mère. Il nous dit en quelque sorte : « Prends Marie chez toi, veille sur elle, aime la ! »
Jésus me renvoie vers Marie et Marie me renvoie vers Jésus. Il y a entre Marie et Jésus comme un va et vient d’Amour auquel nous sommes appelés à participer.
Comment vivre cet amour pour la Vierge Marie ?
1 – En me laissant enfanter par Marie.
Marie est l’icône parfaite de l’Eglise. Or, comme disciple du Christ nous sommes fils ou fille de l’Église. Chacun nous sommes enfantés par l’Eglise notre Mère. Aussi, il faut savoir humblement accueillir ce que nous sommes au cœur de l’Église. C’est en sachant se mettre à genoux que l’on devient un chrétien debout.
2 -  En apprenant les uns des autres.
Il nous faut apprendre à aimer les autres, et savoir que l’on peut apprendre de son voisin. C’est pourquoi, portons nous mutuellement afin d’apprendre à aimer Marie. Nous pourrons le faire en contemplant la vie de Marie dans l’Evangile, car alors nous contemplerons la vie ordinaire d’une femme de cette époque, ce qui nous aidera à contempler humblement la vie de nos contemporains et à les aimer.
3 - En regardant Marie.
Nous avons déjà cité la poésie « Pourquoi je t’aime, ô Marie » dans laquelle la petite Thérèse nous engage à contempler Marie dans l’évangile, il est important aussi de nous rappeler le grand cri de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus qui a dit en découvrant sa vocation : « Dans le cœur de l’Eglise, ma mère, je serai l’amour ».
C’est en découvrant notre propre vocation et en la mettant en œuvre que nous apprendrons à aimer Marie dans notre vie quotidienne.
Quelques ultimes remarques
N’oublions jamais que dans le cœur où il y a Marie, l’Esprit Saint « prend un malin plaisir » à faire grandir la vie de Jésus. En tant que disciple de Jésus, nous sommes donc appeler à aimer humblement Marie : aimer sa foi, aimer son espérance, aimer sa vie de charité. Aimer Marie c’est aussi aimer son silence, sa disponibilité, son abandon.
« Et la faire aimer »
Comment faire aimer Marie ? En d’autres termes, comment annoncer la bonne nouvelle du don que Jésus nous fait en nous donnant sa Mère ?
Afin de répondre à cette question, il nous faut nous rappeler les mots même de saint Pierre Chanel : « Allez frapper à la porte du cœur de Marie et vous en ferez sortir un essaim de missionnaires ».
Nous le savons l’Église est appelée à être missionnaire. Et elle ne sera que par nous et grâce à chacun d’entre nous. Notre vie sera authentiquement chrétienne si une force centrifuge, la force de l’Esprit Saint, nous pousse « à aller vers les frontières », pour reprendre les mots du Saint Père. Ainsi notre amour de Marie ne sera pleinement fécond que si nous allons vers nos frères pour leur annoncer la présence aimante de cette maman qu’est la Vierge Marie. Il nous faut avoir le souci de celui qui est loin et se meurt de ne pas avoir, ou de ne pas connaître, une maman aimante. Sachons lui donner Marie !
En guise d’envoi
La devise de saint Pierre Chanel nous donne de vivre une véritable respiration chrétienne :
• En inspirant j’apprends à aimer Marie. Je reçois !
• En expirant j’apprends à faire aimer Marie. Je donne !
Avec Marie, nous sommes comme à la source et au sommet de notre vie de fidèle du Christ :
• « Aimer Marie » afin de la mettre dans notre cœur et ainsi permettre à l’Esprit Saint de trouver un terrain favorable pour faire grandir en nous la vie de Jésus. Cet amour de Marie est à la source de notre vie avec le Christ !
• « Faire aimer Marie » c’est le sommet de notre vie de disciple de Jésus puisqu’il s’agit alors d’être missionnaire, c’est-à-dire des chrétiens vivant et non des disciples de salon !
Bien souvent, nous aimerions voir le fruit de cette vie avec Marie, ou bien il nous arrive dans le quotidien d’avoir éventuellement l’envie de baisser les bras, alors dans ce cas, mettons-nous à l’école de saint Pierre Chanel qui vient nous dire : « Courage, le Bon Dieu couronnera vos efforts et non vos succès ».

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